Le pétrole Brent recule de 1,1 % alors que Washington prépare une intervention inédite
Les cours du Brent et du WTI ont cédé du terrain pour la première fois en une semaine. Washington envisage une intervention sur les marchés à terme tandis que l'Inde s'approvisionne en brut russe.
Les cours du pétrole brut ont inscrit leur premier repli depuis près d'une semaine, alors que les investisseurs anticipent une possible intervention de Washington sur les marchés à terme. À 04h40 GMT, le Brent reculait de 0,95 dollar, soit 1,1 %, à 84,46 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) cédait simultanément 1,08 dollar, soit 1,3 %, à 79,93 dollars le baril.
Une flambée de 21 % alimentée par le conflit au Moyen-Orient
Les marchés pétroliers évoluent sous haute tension depuis que les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire contre l'Iran baptisée « Operation Epic Fury ». L'opération a entraîné la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, après quoi Téhéran a conduit des frappes de représailles sur plusieurs sites au Moyen-Orient. Sur les quatre dernières séances de cotation depuis le début du conflit, le Brent a progressé de plus de 16 % et le WTI de plus de 19 %. Depuis le lancement de l'opération, les contrats à terme sur le brut ont bondi de près de 21 %.
L'escalade a perturbé les flux pétroliers via le Détroit d'Ormuz, voie de passage d'environ 20 % de l'offre mondiale quotidienne de pétrole brut. Certaines raffineries ont suspendu leurs opérations, réduisant la production régionale. Aux États-Unis, les prix de l'essence ont grimpé de 0,27 dollar en une semaine, portant le prix moyen national à 3,25 dollars le gallon, selon l'organisation de services aux automobilistes AAA (American Automobile Association).
Washington et New Delhi cherchent des issues à la crise d'approvisionnement
Un haut responsable de la Maison Blanche a indiqué que le département du Trésor américain s'apprêterait à dévoiler des mesures pour contenir la hausse des coûts énergétiques liée au conflit. Cette démarche constituerait une intervention rare de Washington, visant à peser sur les prix via les marchés financiers plutôt qu'en ajustant l'offre physique de brut. Les autorités américaines chercheraient à limiter ainsi les retombées économiques et politiques de la montée des prix du carburant.
Les raffineurs indiens, qui subissaient auparavant des pressions pour cesser leurs achats, ont commencé à acquérir des millions de barils de brut russe, Washington leur aurait accordé des dérogations pour autoriser ces transactions. Environ 9,5 millions de barils de brut russe sont positionnés près des eaux indiennes et pourraient arriver dans les prochaines semaines. Ces livraisons offriraient un soulagement rapide à des raffineurs dont les stocks de brut ne couvriraient que l'équivalent d'environ 25 jours de demande.
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