L’exportation du pétrole nigérien se poursuit à un rythme soutenu, avec plus de 14 millions de barils de brut évacués via le Bénin, a annoncé Sahabi Oumarou, ministre nigérien du Pétrole. Ces cargaisons ont été acheminées grâce à l’oléoduc reliant Agadem, dans le nord-est du Niger, au port béninois de Sèmè-Kpodji. Le projet, opéré par la China National Petroleum Corporation (CNPC), représente un enjeu majeur pour le secteur pétrolier nigérien.
Un partage des volumes entre l’État et la CNPC
Sur le total des exportations, la part de l’État nigérien s’élève à 3.553.802 barils, le reste étant détenu par la CNPC. L’entreprise chinoise, qui exploite les champs pétroliers d’Agadem, détient la majorité du brut exporté en vertu d’accords de production conclus avec Niamey. La rentabilité de ce projet repose sur l’acheminement fluide du pétrole via l’oléoduc transfrontalier, un élément essentiel pour les recettes du Niger.
Des tensions politiques impactant la logistique
Les opérations d’exportation ont été temporairement perturbées par des tensions entre le Niger et le Bénin, exacerbées après le coup d’État du 26 juillet 2023 qui a renversé le président Mohamed Bazoum. Niamey maintient la fermeture de sa frontière avec Cotonou, accusant son voisin de faciliter des actions déstabilisatrices. Le Bénin, pour sa part, a nié ces allégations, mais la situation a freiné la fluidité des échanges énergétiques.
Des mesures pour sécuriser l’oléoduc
Face aux risques sécuritaires, notamment des attaques ciblant l’oléoduc, l’armée nigérienne et la West African Oil Pipeline Company (WAPCO), filiale de la CNPC, ont conclu des accords en janvier 2025 pour renforcer la protection des installations pétrolières. Cette coopération vise à garantir la continuité des opérations et à préserver les infrastructures stratégiques du pays.