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Le Mexique relance Lakach : un pari risqué sur le gaz offshore

Le Mexique, via Pemex, reprend le projet de gaz offshore Lakach pour réduire sa dépendance au gaz importé. Les analystes expriment des doutes quant à la rentabilité et aux choix stratégiques de ce développement.

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Le projet Lakach, abandonné en 2016 après un investissement de 1,4 milliard de dollars par Petróleos Mexicanos (Pemex), revient au centre des discussions stratégiques du secteur énergétique mexicain. En quête de réduction de sa dépendance au gaz importé des États-Unis, Pemex réactive ce champ offshore situé à 63 kilomètres des côtes de Veracruz, avec l’objectif d’extraire près de 1 trillion de pieds cubes (Tcf) de gaz d’ici 2041. Cependant, les experts du secteur soulignent les défis considérables liés aux projets en eaux profondes, et l’absence de rentabilité claire de ce gisement.

Des défis importants pour un gisement modeste

Lakach, avec ses réserves estimées à moins de 1 Tcf, est considéré comme un projet relativement modeste à l’échelle mondiale. La plupart des projets de gaz offshore présentent des réserves bien plus importantes, atteignant parfois jusqu’à 10 Tcf. Cette faible dimension remet en question la viabilité économique de Lakach comme projet isolé. Selon Pedro Martinez de S&P Global Commodity Insights, le contexte offshore au Mexique est complexe, en raison du manque d’infrastructures et d’un historique de résultats mitigés pour Pemex dans cette zone.
Le modèle économique choisi pour Lakach est également critiqué. Plutôt que de liquéfier le gaz pour l’exporter vers des marchés où les prix sont plus élevés, Pemex prévoit de le transporter à terre pour une utilisation sur le marché intérieur. Cela pourrait impliquer de vendre le gaz à des prix peu compétitifs, près de trois fois supérieurs aux coûts d’importation du gaz américain, selon les analyses de Rodrigo Rosas de Wood Mackenzie. Ce choix stratégique pourrait entraîner des subventions qui pèseraient sur les finances de l’entreprise.

Le modèle contractuel et les risques financiers

Le partenariat de Pemex avec Grupo Carso pour relancer Lakach suscite également des interrogations. Ce modèle repose sur un contrat de service plutôt que sur un partenariat d’exploitation, ce qui transfère la majeure partie des risques financiers à Pemex sans offrir de garanties solides de production. L’accord initial avec New Fortress Energy, annulé peu après sa signature, témoigne des incertitudes entourant ce type de contrat.
Miriam Grunstein de Brilliant Energy Consulting rappelle que cette approche est similaire aux modèles économiques utilisés par le passé, où l’absence de transparence et les conditions restrictives favorisaient un nombre limité d’acteurs économiques. Cela pourrait entraver les opportunités de développement plus efficaces et diversifiés pour le secteur gazier mexicain.

Des perspectives limitées pour réduire la dépendance au gaz importé

À son pic de production, Lakach pourrait atteindre environ 200 millions de pieds cubes par jour (MMcf/d), une quantité marginale comparée à la consommation quotidienne de gaz naturel au Mexique, qui dépasse 9 milliards de pieds cubes par jour (Bcf/d). Le projet pourrait réduire la dépendance à l’importation de gaz américain de seulement 2 %, un impact mineur compte tenu des coûts d’exploitation et des investissements nécessaires. Les experts estiment que des alternatives, telles que le développement de clusters de gisements, notamment Kunah et Piklis, situés à proximité de Lakach, pourraient offrir une meilleure optimisation des ressources disponibles. Cependant, ces champs nécessitent encore des évaluations géologiques et des investissements substantiels.
Les perspectives économiques du gaz naturel en eaux profondes demeurent incertaines, surtout dans un contexte mondial où les sources de gaz à moindre coût sont largement accessibles. La stratégie actuelle de Pemex pour Lakach risque de se traduire par un projet déficitaire à long terme, mettant en évidence les difficultés persistantes de l’entreprise à équilibrer ses ambitions énergétiques avec les réalités économiques du marché.

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