Le Kyrgyzstan mise sur un petit réacteur nucléaire russe pour combler sa crise énergétique

Bichkek projette d’accueillir un réacteur modulaire RITM-200N fourni par Rosatom afin de pallier ses pénuries d’électricité et renforcer ses liens énergétiques avec Moscou, malgré les risques liés aux sanctions occidentales.

Partager:

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

AUTRES ACCES

Abonnement mensuel

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

COMPTE GRATUIT​

3 articles offerts par mois

GRATUIT

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 35 000 articles • +150 analyses/sem.

Le gouvernement du Kyrgyzstan a confirmé son intention d’avancer vers l’installation d’un petit réacteur nucléaire modulaire (SMR) de type RITM-200N, conçu par l’entreprise publique russe Rosatom. Ce projet vise à diversifier un mix énergétique fortement dépendant de l’hydroélectricité, particulièrement vulnérable à la sécheresse prolongée, et à faire face à une croissance soutenue de la demande.

Dépendance à l’hydroélectricité et besoin de stabilité

Avec plus de 85 % de sa production électrique issue de l’hydroélectricité, le Kyrgyzstan subit chaque année les effets des fluctuations hydrologiques. Le réservoir de Toktogul, responsable à lui seul d’environ 40 % de l’énergie produite, affiche des niveaux critiques, augmentant le risque de délestages hivernaux. Cette instabilité a poussé Bichkek à importer massivement de l’électricité et du gaz depuis les pays voisins, notamment la Russie.

Le choix d’un SMR repose sur ses caractéristiques adaptées aux réseaux de petite taille et à charge variable. Le RITM-200N offre une capacité électrique de 55 MWe, avec une durée de vie estimée à 60 ans. Il est conçu pour une mise en œuvre modulaire, permettant une montée en puissance progressive en fonction des capacités budgétaires du pays.

Partenariat stratégique avec la Russie

Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération énergétique avec la Russie. Gazprom détient la société gazière nationale depuis 2014 et a investi récemment plus de $400mn pour étendre le réseau gazier à plus de 40 % du territoire. En parallèle, Moscou fournit des carburants raffinés à conditions préférentielles et participe à des projets dans l’hydroélectrique et les renouvelables.

Rosatom prendra en charge l’ingénierie, la construction, la fourniture de combustible et la gestion des déchets, conformément au protocole d’accord signé en 2022. Le Green Energy Fund of Kyrgyz Republic est associé au projet pour garantir un contrat d’achat à long terme, assurant un flux de revenus pour le fournisseur russe.

Sanctions occidentales et incertitudes financières

Le contexte géopolitique complique toutefois l’exécution du projet. Plusieurs entités du secteur nucléaire russe sont visées par des sanctions américaines et européennes. Bien que Rosatom ne soit pas directement ciblée par tous les régimes, des restrictions sur les services financiers, les assurances et les équipements à double usage risquent de retarder le chantier ou d’augmenter les coûts.

Le financement extérieur via des banques occidentales reste peu probable. Bichkek devra probablement s’appuyer sur des fonds russes, chinois ou domestiques. Les institutions régionales comme la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ou la Banque asiatique de développement (BAD) pourraient contribuer au financement d’infrastructures annexes, mais éviteraient toute implication directe dans le nucléaire.

Impact sur le secteur et la politique énergétique régionale

À pleine capacité, un module RITM-200N représenterait une contribution marginale à l’échelle du système kirghiz, estimé à environ 4 GW. Toutefois, sa capacité de production stable, surtout en hiver, pourrait réduire les importations de pointe. Il permettrait également de réorienter l’usage de l’hydroélectricité vers l’irrigation ou les exportations estivales.

Le projet repositionne le Kyrgyzstan comme un acteur potentiel de la nouvelle géopolitique nucléaire régionale. Après l’Ouzbékistan, il deviendrait le second pays d’Asie centrale à s’engager dans un partenariat SMR avec Moscou. Cette dynamique pourrait influencer la configuration des échanges régionaux d’énergie, notamment dans le bassin du Syr-Daria.

Le réacteur EPR de Flamanville atteint 100% de puissance nucléaire après 12 ans de retard

Le réacteur Flamanville 3 d’Électricité de France a atteint pour la première fois sa pleine puissance, marquant une étape industrielle clé dans le déploiement des EPR en Europe, malgré des surcoûts atteignant EUR23,7bn ($25,7bn).

Le SMR BWRX-300 de GE Vernova Hitachi franchit une étape réglementaire au Royaume-Uni

Le petit réacteur modulaire BWRX-300 conçu par GE Vernova Hitachi a obtenu une validation réglementaire clé au Royaume-Uni, ouvrant la voie à une éventuelle mise en service commerciale, malgré l'absence actuelle de projet de déploiement.

Natura rachète Shepherd Power et vise plusieurs gigawatts de réacteurs nucléaires d’ici 2032

Le développeur de réacteurs à sels fondus Natura Resources a acquis Shepherd Power et s’est associé à NOV pour industrialiser la fabrication de petits réacteurs modulaires dès la prochaine décennie.
en_114011121229540

La Chine confirme 2026 pour la mise en service du premier SMR terrestre Linglong One

La China National Nuclear Corporation prévoit une entrée en service commerciale en 2026 pour le réacteur modulaire ACP100, après la réussite des tests à froid et l’achèvement des structures critiques en 2025.

Le finlandais SEATOM rejoint le programme d’accélération technologique de l’OTAN pour 2026

La start-up SEATOM a été sélectionnée pour intégrer le programme DIANA de l’OTAN avec son micro-réacteur nucléaire destiné aux environnements extrêmes, renforçant ainsi son positionnement dans la technologie duale pour applications maritimes et militaires.

L’Estonie lance une procédure clé pour un projet nucléaire de 600 MW

Le ministère estonien de l’Économie a ouvert un appel d’offres pour choisir un site et réaliser les premières études d’impact pour une centrale nucléaire de 600 MW, marquant une étape décisive pour l’avenir énergétique du pays.
en_1140101231540

L’Europe valide l’aide d’État polonaise de 42 milliards € pour son premier réacteur nucléaire

La Commission européenne a approuvé le soutien financier de la Pologne pour la construction de sa première centrale nucléaire, un projet de 42 milliards € qui mobilisera des fonds publics, des garanties d’État et un contrat de type "différentiel".

Nuward franchit une nouvelle étape réglementaire avec six régulateurs européens

Six autorités nucléaires européennes ont finalisé la deuxième phase d’examen commun du réacteur modulaire Nuward, une étape clé dans l’harmonisation des cadres réglementaires pour les petits réacteurs nucléaires en Europe.

Le marché des petits réacteurs nucléaires atteindra 912,5 MW d’ici 2030

Porté par la demande industrielle hors réseau et les contraintes de décarbonation, le marché mondial des petits réacteurs modulaires connaîtra une croissance de 24 % par an jusqu’en 2030, avec une capacité installée triplée en cinq ans.
en_114099991226540-2

L’industrie de la fusion nucléaire appelle Washington à investir plus de $1bn par an

Des dirigeants du secteur américain de la fusion nucléaire ont exhorté le gouvernement fédéral à réallouer des fonds publics en faveur de leurs projets, estimant que des investissements massifs sont nécessaires pour rester compétitifs face à la Chine.

Santee Cooper signe un accord de 2,7 milliards $ avec Brookfield pour relancer deux réacteurs nucléaires

Santee Cooper a validé un protocole d’accord avec Brookfield Asset Management pour étudier la faisabilité d’un projet de reprise de deux réacteurs nucléaires inachevés, avec un paiement potentiel de 2,7 milliards $ et une capacité de 550 MW.

Helical Fusion signe le premier contrat d’achat d’électricité de fusion au Japon avec Aoki Super

Helical Fusion a conclu un accord inédit avec Aoki Super pour la fourniture d’électricité issue de la fusion, marquant une première dans le secteur énergétique japonais et une avancée commerciale pour la technologie du stellarator hélicoïdal.
en_114099991226540

L’Inde vise 21 880 MW de capacité nucléaire d’ici 2032 avec un programme d’expansion accéléré

La capacité nucléaire de l’Inde devrait croître de plus de 13 000 MW d’ici 2032, soutenue par des réacteurs lourds en construction, de nouveaux projets régionaux et le développement de petits réacteurs modulaires par le Bhabha Atomic Research Centre.

NextEra Energy relève ses prévisions grâce à la demande des data centers IA

NextEra Energy a relevé ses estimations de bénéfice pour 2025 et 2026, portée par l’impact croissant des contrats énergétiques signés avec Google et Meta pour alimenter leurs infrastructures d’intelligence artificielle.

Le Royaume-Uni réforme sa régulation nucléaire pour réduire les coûts de construction

Londres engage une refonte réglementaire complète de son industrie nucléaire afin de raccourcir les délais d’autorisation, d’élargir le nombre de sites exploitables et d’abaisser les coûts liés à la construction et au financement des projets.
en_11407771228540

Le dépôt nucléaire de Posiva subit un nouveau report d’autorisation en Finlande

Le ministère finlandais de l’Économie prolonge jusqu’en juin 2026 le délai accordé au régulateur pour évaluer la demande de licence d’exploitation du site de stockage de déchets nucléaires usés d’Olkiluoto.

Framatome modernise les systèmes critiques de la centrale nucléaire de Columbia

Framatome va remplacer plusieurs systèmes de contrôle commande numérique à la centrale de Columbia aux États-Unis, dans le cadre d’un contrat attribué par Energy Northwest.

Cigéo reçoit l’avis favorable de l’ASNR et entre dans sa phase de validation finale

Le feu vert conditionnel de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection engage Cigéo dans la dernière ligne droite réglementaire, tout en transférant les risques vers le financement, les arbitrages territoriaux et la mise en œuvre industrielle.
en_11407771229540

Un drone endommage le sarcophage de Tchernobyl, l’Ukraine seule face aux réparations

L’attaque confirmée par l’AIEA sur la voûte du site de Tchernobyl expose l’Ukraine à un risque nucléaire sous conflit armé, forçant la BERD à financer une restauration partielle tandis que les standards industriels doivent intégrer la menace drone.

Deep Fission installe un réacteur nucléaire souterrain de 15 MWe dans un ancien site militaire au Kansas

Deep Fission implante un réacteur pressurisé de 15 MWe à 1,6 km de profondeur à Great Plains Industrial Park, dans le cadre du programme pilote accéléré du Department of Energy, visant une criticité au 4 juillet 2026.

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

Abonnement mensuel​

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 30 000 articles • +150 analyses/sem.