Kenya Electricity Transmission Company Limited, opérateur public du réseau national, a signé un accord d’investissement d’une valeur de $311mn pour renforcer les infrastructures de transport d’électricité du pays. Le projet vise la conception, le financement, la construction et l’exploitation de deux nouvelles lignes de transmission à haute tension ainsi que leurs postes associés.
Un partenariat public-privé centré sur les infrastructures stratégiques
L’accord implique un partenariat public-privé incluant Africa50, fonds panafricain d’infrastructures basé à Casablanca, et PowerGrid Corporation of India Limited, société publique indienne spécialisée dans les réseaux électriques. Ces deux entités seront responsables de la mise en œuvre et de la gestion du projet dans le cadre d’une concession d’une durée de 30 ans. Les nouvelles lignes, opérant sous des tensions de 400 kilovolts (kV) et 220 kV, sont conçues pour optimiser la capacité de transport sur longue distance et améliorer la stabilité du réseau.
Le gouvernement mise sur ce partenariat pour limiter les pertes techniques et sécuriser l’approvisionnement en électricité, alors que le réseau est souvent confronté à des congestions locales et à une vétusté des équipements.
Une réponse à la montée de la demande nationale
Cette initiative intervient dans un contexte de forte pression sur le système électrique kényan. Début décembre, Kenya Power and Lighting Company, société publique de distribution, a rapporté un pic de consommation de 2 439,06 mégawatts (MW), le plus élevé jamais enregistré dans le pays. Cette hausse est attribuée à une croissance continue de la demande domestique et industrielle.
Avec plus de 9 400 kilomètres de lignes de transmission à haute tension (132 kV et plus), le réseau doit également soutenir les échanges régionaux, en particulier avec les pays membres du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA). La modernisation des infrastructures vise ainsi à garantir la fiabilité des livraisons nationales tout en renforçant l’intégration énergétique régionale.
Un cadre de réforme pour attirer les capitaux privés
Le projet s’inscrit dans un effort plus large de réforme du secteur énergétique kényan. Les autorités multiplient les initiatives pour attirer des investissements privés dans les infrastructures essentielles, tout en poursuivant une réorganisation du paysage institutionnel. Des ajustements réglementaires ont récemment été engagés pour encadrer plus strictement les contrats conclus avec des partenaires étrangers, en particulier dans le domaine de la production et de la distribution.
Des entreprises publiques comme Kenya Electricity Generating Company sont également concernées par cette stratégie visant à améliorer l’efficience opérationnelle et renforcer la confiance des investisseurs. Cette dynamique traduit une volonté de rééquilibrer la participation publique et privée dans les infrastructures électriques du pays, sans compromettre le contrôle national sur les actifs stratégiques.