Le Gaz Qatari pourrait à alimenter l’Europe

Partager:

Abonnez-vous pour un accès illimité à toute l'actualité du secteur de l'énergie.

Plus de 150 articles et analyses multisectorielles chaque semaine.

Votre 1ère année à 99$*

puis 199$/an

*renouvellement à 199$/an, annulation avant échéance.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, doit s’entretenir avec le président américain notamment pour « assurer la stabilité de l’offre internationale d’énergie », les deux pays étant avec l’Australie les plus gros exportateurs mondiaux de gaz, mais Doha n’a pas de « baguette magique », estiment des experts.

Cette rencontre intervient au moment où les Etats-Unis et les Européens cherchent des alternatives au gaz russe, s’il venait à manquer en cas d’attaque de la Russie contre l’Ukraine. Washington et l’Union européenne ont affirmé vendredi qu’ils collaboraient pour trouver « d’autres sources d’approvisionnement en gaz naturel » pour l’Europe.

L’émir du Qatar, premier pays producteur et exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), devrait apporter son soutien à l’Europe. Doha souhaite en effet y obtenir une plus grande part du marché et marquer des points face à ses voisins du Golfe pour devenir l’allié clé des Etats-Unis dans la région.

– « Pas de réserves » –

« Des négociations sont en cours » pour rediriger des livraisons de gaz prévues pour les marchés asiatiques vers l’Europe si le président russe, Vladimir Poutine, interrompt les approvisionnements vers l’Europe occidentale », a déclaré à l’AFP un responsable qatari avant la rencontre.

Washington est aussi en contact avec l’Australie pour un approvisionnement alternatif et pourrait augmenter ses exportations, ont indiqué des diplomates.

Par le passé, le Qatar est déjà venu en aide à des pays alliés, assurant notamment un approvisionnement au Japon après le tsunami de 2011 et quatre livraisons spéciales au Royaume-Uni en octobre dernier pour faire face à des pénuries.

Toutefois, le Qatar ayant des contrats à long terme avec d’importants clients en Corée du Sud, au Japon et en Chine, la marge de manoeuvre est faible pour se substituer à la Russie et approvisionner l’Europe.

Le pays du Golfe a atteint son « maximum » pour l’approvisionnement de ses premiers clients, a indiqué le ministre de l’Energie, Saad al-Kaabi, en octobre.

« Le Qatar n’a pas de +baguette magique+ pour répondre aux pénuries de gaz en Europe », estime Bill Farren-Price, directeur du cabinet de conseil en énergie Enverus.

« Il n’a pas les capacités pour un approvisionnement supplémentaire en GNL. Ce n’est pas comme l’Arabie saoudite, qui a des réserves additionnelles en pétrole », ajoute-t-il.

Le Qatar pourrait décider de rediriger un certain nombre de livraisons: « toute pénurie de gaz européen aura des répercussions sur le marché asiatique de GNL », selon M. Farren-Price. Et les consommateurs européens, qui ont déjà des factures record de gaz, devraient payer encore plus cher. « En terme de prix, cela pourrait être très difficile », prévient l’expert.

– Gagner du crédit –

D’après Andreas Krieg, professeur au King’s College de Londres, la décision du Qatar de fournir ou non du gaz à l’Europe sera d’abord prise d’un point de vue économique puis politique.

Le pays est engagé dans une politique d’expansion, visant à accroître sa production annuelle de gaz de 77 millions de tonnes à 127 millions de tonnes d’ici à 2027, tout en cherchant de nouveaux marchés.

L’Europe pourrait ainsi être une cible de choix pour le Qatar, selon M. Krieg, Doha ayant été furieux du manque de confiance de l’Europe, qui avait lancé en 2018 une enquête sur les modalités de ses ventes de gaz.

« Cela pourrait permettre de gagner du crédit en Europe et d’entamer des négociations pour des contrats de longue durée », pense M. Krieg.

Obtenir un rôle central dans le plan de secours d’approvisionnement en gaz pourrait lier encore plus le Qatar aux Etats-Unis, qui disposent d’une importante base militaire dans l’émirat.

« Ils veulent se positionner sur ce créneau d’allié stratégique le plus important pour les Etats-Unis dans le Golfe, indique M. Krieg, et « ils construisent des réseaux d’influence à Washington, institutionnels plutôt que liés à des individus ou des partis ».

Retour des inspecteurs de l’AIEA en Iran après un mois de rupture diplomatique

L’Iran autorise de nouveau l’Agence internationale de l’énergie atomique à inspecter ses sites nucléaires, après une suspension provoquée par un différend sur la responsabilité des frappes israéliennes.

L’Ukrainien arrêté en Italie refuse l’extradition pour sabotage de Nord Stream

Premier suspect lié aux explosions du gazoduc Nord Stream, un citoyen ukrainien contesté par Berlin s’oppose à son transfert judiciaire depuis l’Italie.

Des drones ukrainiens frappent des sites énergétiques russes et ravivent les tensions

Des drones ukrainiens ont visé une centrale nucléaire et un terminal pétrolier russes, accentuant la pression sur les discussions diplomatiques, alors que Moscou et Kiev s’accusent mutuellement de bloquer toute perspective de négociation.
en_1140250836540

Un Ukrainien arrêté en Italie pour son rôle présumé dans le sabotage de Nord Stream

Un ressortissant ukrainien suspecté d’avoir coordonné le sabotage des gazoducs Nord Stream a été interpellé en Italie, relançant une affaire judiciaire aux fortes implications géopolitiques en Europe.

Russie et Inde renforcent leurs échanges énergétiques malgré la pression américaine

La Russie poursuit ses livraisons d’hydrocarbures vers l’Inde et explore de nouveaux débouchés pour son gaz naturel liquéfié, dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis.

Les frappes russes menacent la coopération gazière entre l’Azerbaïdjan et l’Ukraine

Des infrastructures énergétiques azerbaïdjanaises visées en Ukraine remettent en question la sécurité des flux gaziers entre Baku et Kyiv, alors qu’un nouvel accord de livraison vient à peine d’être signé.
en_1140180842540

L’Iran coupe 1,4 GW à l’Irak, Bagdad accélère les interconnexions régionales

La suspension des 1 400 MW d’électricité fournis par l’Iran à l’Irak met sous pression le réseau irakien, tandis que Téhéran enregistre une demande record de 77 GW et doit arbitrer entre consommation interne et obligations régionales.

La Chine rejette la menace européenne de rétablir les sanctions contre l’Iran

Pékin s’oppose à l’éventuel retour des sanctions du trio européen contre l’Iran, alors que l’échéance de l’accord sur le nucléaire approche et que les tensions diplomatiques s’intensifient autour de Téhéran.

Washington renforce ses liens avec le Pakistan autour des minerais et hydrocarbures

Les États-Unis projettent de collaborer avec le Pakistan dans les minerais critiques et les hydrocarbures, en explorant des coentreprises et projets dans des zones stratégiques comme le Baloutchistan.
en_114014082030540

La Russie fait adopter ses normes pétro-gazières par l’Afrique et le Moyen-Orient

Environ 80 normes techniques russes pour le pétrole et le gaz ont été validées à l’international, notamment par les Émirats arabes unis, l’Algérie et Oman, selon l’Institut des initiatives technologiques pétrolières.

Irak et Syrie relancent le pipeline Kirkuk-Baniyas pour contourner les routes traditionnelles

Bagdad et Damas intensifient leurs discussions pour réactiver l'oléoduc de 850 km fermé depuis 2003, offrant une alternative méditerranéenne face aux tensions régionales et aux blocages d'exportation.

L’Arménie et l’Azerbaïdjan signent l’accord du corridor TRIPP sous l’égide américaine

Les deux pays mettent fin à 37 ans de conflit avec un corridor de 43 kilomètres sous contrôle américain pour 99 ans. L'infrastructure acheminera 50 millions de tonnes de marchandises annuellement d'ici 2030.
en_1140100832540-2

L’AIEA dépêche un émissaire à Téhéran pour négocier un nouveau cadre nucléaire

Un haut responsable de l'agence onusienne entame lundi des discussions techniques avec l'Iran, première rencontre depuis les frappes de juin sur les sites nucléaires iraniens.

L’Indonésie finalise un accord de libre-échange avec l’Union économique eurasiatique pour décembre

Un accord de libre-échange entre l’Indonésie et l’Union économique eurasiatique sera signé en décembre, visant une réduction des droits de douane sur 3 milliards USD d’échanges et la croissance du commerce bilatéral dans les prochaines années.

L’Inde envoie son principal conseiller à Moscou face à la pression américaine sur le pétrole

La visite du conseiller à la sécurité nationale indien à Moscou intervient alors que les États-Unis menacent d’augmenter les droits de douane sur New Delhi, en raison des achats soutenus de pétrole russe par l’Inde.
en_114060840540

L’UE suspend 93 milliards d’euros de tarifs douaniers contre Washington

Bruxelles gèle ses mesures de rétorsion pour six mois alors que l'accord du 27 juillet impose 15% de droits sur les exportations européennes.

Iran et Irak peinent à finaliser leur accord gazier malgré des négociations avancées

Les discussions entre Téhéran et Bagdad sur les volumes d'exportation et une dette de 11 milliards de dollars révèlent les complexités d'une dépendance énergétique sous sanctions américaines.

L’Inde navigue entre sanctions américaines et dépendance au pétrole russe

Face aux menaces de sanctions secondaires américaines, les raffineurs indiens ralentissent leurs achats de brut russe tout en explorant des alternatives coûteuses, révélant les défis complexes de la sécurité énergétique.
en_114050833540

Le conflit commercial entre les États-Unis et le Brésil ouvre un boulevard à la Chine et à l’Europe

Les tarifs de 50% poussent Brasília vers une intégration commerciale accélérée avec Pékin et Bruxelles, redessinant les équilibres économiques régionaux.

Trump frappe le Brésil avec 50% de tarifs mais épargne le pétrole et le fer

Washington impose des droits douaniers massifs invoquant la persécution de Bolsonaro tout en exemptant les secteurs stratégiques pour l'industrie américaine.

Connectez-vous pour lire cet article

Vous aurez également accès à une sélection de nos meilleurs contenus.

ou

Passez en illimité grâce à notre offre annuelle:
99$ la 1ère année, puis 199$ /an.