Les prix du gaz européen ont enregistré une chute importante mercredi 26 février, s’établissant à leur niveau le plus bas depuis plus de deux mois. Cette baisse survient alors que les inquiétudes liées au remplissage des réserves de gaz en Europe s’atténuent et que les négociations pour un cessez-le-feu en Ukraine progressent. À 15H10 GMT, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence du marché européen du gaz naturel, se négociait à 42,80 euros le mégawattheure (MWh), soit une baisse de 3,37% par rapport à la veille. Ce prix a atteint 42,20 euros, son plus bas niveau depuis le 19 décembre 2024.
Les analystes soulignent que cette tendance baissière est alimentée par l’espoir croissant d’un règlement diplomatique du conflit en Ukraine, en particulier après l’appel téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine qui a ouvert la voie à des discussions sur un cessez-le-feu. Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, explique que « l’attente d’une reprise partielle des exportations de gaz russe » ainsi que la possibilité d’un cessez-le-feu ont des répercussions sur les prix en Europe. La Russie, second plus grand producteur mondial de pétrole, demeure une source clé d’approvisionnement énergétique pour le continent européen.
Par ailleurs, la légère amélioration des températures a permis de ralentir la baisse des stocks de gaz européens, contribuant à soulager les tensions sur le marché. Mike Fulwood, chercheur à l’Oxford Institute for Energy Studies (OIES), indique que l’Europe avait subi une baisse des réserves au dernier trimestre de 2024, en raison d’un froid intense et d’une réduction de la production d’énergie éolienne.
Les ajustements des objectifs de stockage en Europe
Au même moment, les entreprises allemandes du secteur énergétique font pression sur le gouvernement pour réduire l’objectif de stockage de gaz, fixé par l’Union européenne à 90% pour l’hiver prochain. Elles réclament une révision de cet objectif à 80%, afin d’apaiser les tensions sur le marché. Cette demande reflète une volonté d’adapter les capacités de stockage aux conditions de marché et de réduire l’angoisse d’une nouvelle crise énergétique.
Influence de la politique pétrolière sur les marchés énergétiques
La situation du marché pétrolier n’échappe pas non plus à la volatilité mondiale. Les analystes notent une incertitude croissante quant aux perspectives économiques et pétrolières, en particulier à la suite de la politique de Donald Trump. « Les perspectives économiques et pétrolières sont de plus en plus incertaines », explique John Evans, analyste chez PVM. La confiance des consommateurs américains, premier consommateur mondial de pétrole, a d’ailleurs considérablement diminué au cours du mois de février. Cette dynamique a pesé sur les prix du baril, bien que l’Opep+ (Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés) envisage toujours d’ajuster son plan d’augmentation de l’offre de pétrole. Selon Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, il est probable que l’Opep+ reporte à nouveau son plan d’augmentation de l’offre.
Les prix du pétrole maintiennent leur stabilité relative
Sur le marché pétrolier, les prix sont restés relativement stables mercredi. Le Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, a légèrement baissé de 0,05%, à 72,98 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), équivalent américain, a gagné 0,12%, se chiffrant à 69,01 dollars. Ces fluctuations soulignent l’incertitude persistante entourant les perspectives de demande mondiale de pétrole et les ajustements possibles de l’offre de l’Opep+.