Le Danemark se dote d’une alliance industrielle pour préparer un retour du nucléaire civil

Une coalition d’industriels, de syndicats et d’investisseurs danois lance une plateforme en faveur du nucléaire modulaire, avec pour objectif de structurer une offre pilotable bas carbone au service de la compétitivité industrielle.

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La création de la Nuclear Power Alliance au Danemark marque une inflexion stratégique dans un pays historiquement opposé au nucléaire civil. Ce groupement rassemble des industriels majeurs, un syndicat de branche, une fondation de recherche et un fonds d’investissement. Tous partagent un objectif commun : intégrer les réacteurs modulaires de petite taille (SMR, small modular reactors) dans le futur énergétique danois, avec une finalité industrielle assumée.

Un cadre légal assoupli sous pression économique

Depuis 1985, une résolution parlementaire interdit la construction de centrales nucléaires sur le territoire. Cette interdiction, non constitutionnelle, pourrait être levée par simple majorité. En mai 2025, une majorité des élus a autorisé l’examen formel de l’option nucléaire dans le cadre de la Climate Act de 2020, qui impose une planification annuelle des actions climatiques jusqu’à 2045.

La Nuclear Power Alliance entend intervenir dès cette phase d’analyse, en se présentant comme un interlocuteur technique auprès du gouvernement. L’objectif affiché est d’ancrer la question nucléaire dans un cadre industriel, économique et scientifique, afin de la sortir du seul champ idéologique.

Une coalition structurée autour d’intérêts industriels

La Confederation of Danish Industry (DI) coordonne le projet avec pour ligne directrice la maîtrise des coûts énergétiques pour les industries électro-intensives. Le syndicat Dansk Metal soutient l’initiative pour les perspectives d’emplois qualifiés dans l’ingénierie nucléaire. Topsoe, fournisseur de technologies pour l’hydrogène, voit dans les SMR une source de stabilité pour sécuriser l’alimentation de ses clients industriels.

La Fondation Novo Nordisk joue un rôle de financeur de la recherche, avec des perspectives de soutien aux démonstrateurs SMR et aux formations universitaires associées. Le cabinet d’ingénierie Niras vise les futurs marchés d’études techniques, de conception et de démantèlement. Le fonds 92 Capital, déjà engagé dans le nucléaire suédois et finlandais, se place en investisseur de projets nordiques.

Un outil pour renforcer la sécurité d’approvisionnement électrique

Le mix énergétique danois repose largement sur l’éolien et le solaire, mais reste dépendant des interconnexions régionales. Les SMR sont perçus comme une réponse au besoin de flexibilité, notamment pour stabiliser la production d’hydrogène vert, aujourd’hui exposée à la volatilité des prix spot de l’électricité.

La combinaison « offshore wind + SMR + électrolyse » permettrait de sécuriser des contrats de long terme avec l’industrie, à travers des PPA (Power Purchase Agreement) directs, en complément des contrats actuels fondés sur les énergies renouvelables. Cette approche viserait à réduire la prime de risque énergétique qui pèse sur les investissements industriels.

Un positionnement stratégique dans l’alliance européenne des SMR

Au-delà du marché national, l’alliance cherche à positionner le Danemark comme acteur de la chaîne de valeur européenne des SMR. L’European Industrial Alliance on SMRs, portée par la Commission européenne, structure une offre industrielle commune pour un déploiement à horizon 2030. Le Danemark ambitionne d’accueillir des centres de recherche, des bureaux d’ingénierie et des coentreprises avec des développeurs technologiques.

La compatibilité avec les standards EURATOM, la conformité aux sanctions internationales et le choix de partenaires occidentaux renforcent l’attractivité du Danemark comme plateforme neutre pour des projets transfrontaliers. Des premières implantations pourraient avoir lieu à l’étranger, notamment dans les pays baltes ou nordiques.

Des implications sur les marchés nordiques de l’énergie

L’introduction d’une capacité nucléaire au Danemark aurait un impact direct sur la structure des flux d’électricité en Europe du Nord. En réduisant les exportations obligées d’éolien en période de surproduction et les importations durant les périodes creuses, le pays pourrait gagner en autonomie tout en stabilisant les prix du marché spot.

Les SMR offrent une granularité adaptée aux mécanismes de capacité et de réserve actuellement en place sur les marchés nordiques. Leur intégration dans ces dispositifs permettrait de valoriser une flexibilité difficile à atteindre avec les seules sources renouvelables. Les clusters industriels bénéficieraient de nouvelles options pour sécuriser leur approvisionnement énergétique à long terme.

Un signal politique pour la chaîne de valeur énergétique européenne

Le soutien d’acteurs économiques structurants à cette initiative envoie un signal clair aux fournisseurs et aux régulateurs européens. En se positionnant comme futur hôte ou partenaire de projets SMR, le Danemark cherche à intégrer les décisions à venir sur la répartition des investissements, la standardisation des technologies et la gouvernance de la chaîne logistique nucléaire européenne.

Ce repositionnement peut également servir de levier dans les négociations européennes sur la taxonomie verte, la politique industrielle bas carbone et l’allocation des subventions. L’ancrage nucléaire du Danemark renforcerait le camp des pays favorables à une diversification technologique incluant le nucléaire dans les stratégies de neutralité climatique.

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