L'Arabie Saoudite devrait manquer son objectif de 130 GW renouvelables
Le royaume n'avait atteint que 13 GW de capacité renouvelable en 2025. Les experts projettent 74,2 GW d'ici 2030, loin de la cible officielle, tandis que la demande intérieure grève les exportations pétrolières.
| Secteurs | Énergie Solaire, Photovoltaïque, Énergie Éolienne, Terrestre |
|---|---|
| Thèmes | Régulation & Gouvernance, Politique publique |
| Sociétés | GlobalData |
| Pays | Arabie Saoudite |
L'Arabie Saoudite s'est fixé un objectif de 130 gigawatts (GW) d'énergie renouvelable d'ici 2030. La progression reste cependant très en deçà des ambitions : le royaume n'avait atteint que 13 GW en 2025. Selon le rapport GlobalData Saudi Arabia Power Market Trends and Analysis, les experts projettent désormais 74,2 GW à l'horizon 2030, soit un écart substantiel par rapport à la cible officielle. Pour tenir cet objectif, l'Arabie Saoudite devrait installer plus de 23 GW de capacités renouvelables par an, un rythme que le pays n'a pas encore démontré pouvoir soutenir. Tandis que d'autres marchés accélèrent leurs déploiements — comme ENGIE, qui développe un parc éolien de 900 MW en Égypte, ou Meralco PowerGen, qui livre 85 MW solaires au réseau philippin — le royaume saoudien accuse un retard structurel.
Une dépendance aux hydrocarbures qui pèse sur les exportations
La consommation électrique progresse rapidement en Arabie Saoudite, portée par une économie en expansion et une démographie en hausse. Les infrastructures de dessalement d'eau, indispensables dans un pays où les eaux souterraines naturelles sont rares, absorbent une part croissante de l'énergie produite. « Une grande quantité d'électricité est nécessaire pour les usines de dessalement en raison de la faible disponibilité des eaux souterraines naturelles », a indiqué Attaurrahman Ojindaram Saibasan, analyste énergie chez GlobalData. Cette dynamique contraint le royaume à mobiliser davantage de pétrole pour ses besoins énergétiques internes. Moins de brut disponible à l'export représente un manque à gagner stratégique pour le premier exportateur mondial.
Des adjudications récentes insuffisantes pour combler le retard
En octobre 2025, l'Arabie Saoudite a attribué 4,5 GW de projets solaires et éoliens dans le cadre de la sixième édition du Programme national d'énergie renouvelable (NREP). Un septième cycle a permis d'ajouter 5,3 GW supplémentaires d'ici janvier 2026. Ces adjudications témoignent d'une volonté politique, mais restent insuffisantes au regard du déficit à combler. « Malgré des mécanismes de soutien tels que le net metering et les enchères renouvelables, le pays n'a pas fait suffisamment pour renforcer sa capacité renouvelable conformément à ses objectifs », a déclaré Saibasan. L'analyste préconise le développement d'accords d'achat d'électricité (PPA) supplémentaires pour les centrales renouvelables à grande échelle.
Risques géopolitiques et demande émergente
L'Arabie Saoudite dispose d'un fort potentiel solaire et d'un développement éolien en progression. Les risques géopolitiques au Moyen-Orient et la montée en puissance de nouveaux projets énergivores — dont le hub de données issu de la reconversion du projet NEOM — pourraient toutefois compliquer l'attractivité des investissements. Le gouvernement doit désormais démontrer sa capacité à accélérer le déploiement renouvelable pour réduire la part des hydrocarbures dans son mix électrique, un enjeu à la fois économique et stratégique.