La Tension Monte Encore Entre Washington et Ryad

La tension est encore montée entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis à propos de la production de pétrole.

Partager:

Abonnez-vous pour un accès illimité à toute l'actualité du secteur de l'énergie.

Plus de 150 articles et analyses multisectorielles chaque semaine.

Votre 1ère année à 99$*

puis 199$/an

*renouvellement à 199$/an, annulation avant échéance.

La tension est encore montée entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, qui ont eu jeudi des échanges particulièrement vifs à propos de la production de pétrole, et plus largement de l’attitude de Ryad envers Moscou.

Les Saoudiens ont, dans un rare communiqué, riposté aux critiques des Etats-Unis, qui les accusent d’avoir sabré la production d’or noir de manière à “s’aligner” sur les intérêts du président russe Vladimir Poutine.

“L’Arabie saoudite a vu les déclarations (…) qui ont décrit la décision comme une prise de position du royaume dans les conflits internationaux et comme politiquement motivée contre les Etats-Unis”, a affirmé le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Ryad a exprimé son “rejet total” des accusations américaines, assurant que les décisions du cartel des exportateurs de brut étaient “basées purement sur des considérations économiques.”

L’Opep+ – les treize membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) menés par l’Arabie saoudite et leurs dix partenaires conduits par la Russie – ont décidé la semaine dernière de sabrer leurs quotas de production.

– “Rejet total” –

Le président américain Joe Biden a d’ores et déjà prévenu qu’il y aurait des “conséquences” à cette décision, qui risque de faire flamber les cours. Et donc de garnir les caisses de la Russie, laquelle a besoin de ses recettes pétrolières afin de financer sa guerre en Ukraine.

Ryad, de son côté, a affirmé que les Etats-Unis lui ont “suggéré” de repousser d’un mois la décision de l’Opep+, qui pourrait aussi faire remonter le prix de l’essence, et donc mécontenter les électeurs américains.

En clair, l’Arabie saoudite dit donc que la Maison Blanche lui a demandé d’attendre que passent les élections législatives de mi-mandat aux Etats-Unis, prévues le 8 novembre et décisives pour la suite du mandat de Joe Biden.

La réponse de Washington au communiqué saoudien a été rapide, et particulièrement vive.

L’Arabie saoudite “peut essayer de manipuler et de détourner l’attention, mais les faits sont simples”, a accusé jeudi la Maison Blanche.

– “Mauvaise direction” –

“Ces dernières semaines, les Saoudiens nous ont fait comprendre, en privé et en public, qu’ils avaient l’intention de réduire la production de pétrole, en sachant que cela augmenterait les revenus de la Russie et atténuerait l’impact des sanctions. C’est la mauvaise direction”, a déclaré John Kirby,
porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

“Ils auraient facilement pu attendre la prochaine réunion de l’Opep pour voir comment les choses évoluaient”, a-t-il encore fait savoir. “D’autres pays de l’Opep nous ont indiqué en privé qu’ils étaient également opposés à la décision saoudienne, mais qu’ils s’étaient sentis forcés de soutenir” la stratégie de Ryad, a aussi accusé John Kirby.

Washington “va continuer à surveiller tout signal sur la position (de Ryad) en matière de réponse à l’agression russe” contre l’Ukraine, a-t-il dit.

Joe Biden a d’ores et déjà promis de “réévaluer” la très longue relation stratégique entre les deux pays, qui repose sur un principe simple: l’Arabie saoudite abreuve le marché de pétrole, et en échange, les Etats-Unis assurent sa sécurité, via notamment des ventes d’armes massives.

Le président américain s’était rendu en juillet en Arabie saoudite pour réaffirmer ce principe, et la Maison Blanche a donc vécu la décision de l’Opep+ comme un affront diplomatique.

Cette visite – et le désormais célèbre salut poing contre poing échangé avec le prince héritier Mohammed ben Salmane – s’avère décidément de plus en plus coûteuse politiquement pour le démocrate de 79 ans, qui avait promis pendant sa campagne de réduire l’Arabie saoudite au rang de “paria” à la suite de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

De nombreux parlementaires démocrates réclament désormais un gel des ventes massives d’armement à l’Arabie saoudite. La Maison Blanche n’a toutefois pas précisé jusqu’ici quelles seraient les “conséquences” évoquées par Joe Biden.

Retour des inspecteurs de l’AIEA en Iran après un mois de rupture diplomatique

L’Iran autorise de nouveau l’Agence internationale de l’énergie atomique à inspecter ses sites nucléaires, après une suspension provoquée par un différend sur la responsabilité des frappes israéliennes.

Des drones ukrainiens frappent des sites énergétiques russes et ravivent les tensions

Des drones ukrainiens ont visé une centrale nucléaire et un terminal pétrolier russes, accentuant la pression sur les discussions diplomatiques, alors que Moscou et Kiev s’accusent mutuellement de bloquer toute perspective de négociation.

Un Ukrainien arrêté en Italie pour son rôle présumé dans le sabotage de Nord Stream

Un ressortissant ukrainien suspecté d’avoir coordonné le sabotage des gazoducs Nord Stream a été interpellé en Italie, relançant une affaire judiciaire aux fortes implications géopolitiques en Europe.
en_11402108217540

Russie et Inde renforcent leurs échanges énergétiques malgré la pression américaine

La Russie poursuit ses livraisons d’hydrocarbures vers l’Inde et explore de nouveaux débouchés pour son gaz naturel liquéfié, dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis.

Les frappes russes menacent la coopération gazière entre l’Azerbaïdjan et l’Ukraine

Des infrastructures énergétiques azerbaïdjanaises visées en Ukraine remettent en question la sécurité des flux gaziers entre Baku et Kyiv, alors qu’un nouvel accord de livraison vient à peine d’être signé.

L’Iran coupe 1,4 GW à l’Irak, Bagdad accélère les interconnexions régionales

La suspension des 1 400 MW d’électricité fournis par l’Iran à l’Irak met sous pression le réseau irakien, tandis que Téhéran enregistre une demande record de 77 GW et doit arbitrer entre consommation interne et obligations régionales.
en_1140180840540

La Chine rejette la menace européenne de rétablir les sanctions contre l’Iran

Pékin s’oppose à l’éventuel retour des sanctions du trio européen contre l’Iran, alors que l’échéance de l’accord sur le nucléaire approche et que les tensions diplomatiques s’intensifient autour de Téhéran.

Washington renforce ses liens avec le Pakistan autour des minerais et hydrocarbures

Les États-Unis projettent de collaborer avec le Pakistan dans les minerais critiques et les hydrocarbures, en explorant des coentreprises et projets dans des zones stratégiques comme le Baloutchistan.

La Russie fait adopter ses normes pétro-gazières par l’Afrique et le Moyen-Orient

Environ 80 normes techniques russes pour le pétrole et le gaz ont été validées à l’international, notamment par les Émirats arabes unis, l’Algérie et Oman, selon l’Institut des initiatives technologiques pétrolières.
en_1140320837540

Irak et Syrie relancent le pipeline Kirkuk-Baniyas pour contourner les routes traditionnelles

Bagdad et Damas intensifient leurs discussions pour réactiver l'oléoduc de 850 km fermé depuis 2003, offrant une alternative méditerranéenne face aux tensions régionales et aux blocages d'exportation.

L’Arménie et l’Azerbaïdjan signent l’accord du corridor TRIPP sous l’égide américaine

Les deux pays mettent fin à 37 ans de conflit avec un corridor de 43 kilomètres sous contrôle américain pour 99 ans. L'infrastructure acheminera 50 millions de tonnes de marchandises annuellement d'ici 2030.

L’AIEA dépêche un émissaire à Téhéran pour négocier un nouveau cadre nucléaire

Un haut responsable de l'agence onusienne entame lundi des discussions techniques avec l'Iran, première rencontre depuis les frappes de juin sur les sites nucléaires iraniens.
en_1140100835540-2

L’Indonésie finalise un accord de libre-échange avec l’Union économique eurasiatique pour décembre

Un accord de libre-échange entre l’Indonésie et l’Union économique eurasiatique sera signé en décembre, visant une réduction des droits de douane sur 3 milliards USD d’échanges et la croissance du commerce bilatéral dans les prochaines années.

L’Inde envoie son principal conseiller à Moscou face à la pression américaine sur le pétrole

La visite du conseiller à la sécurité nationale indien à Moscou intervient alors que les États-Unis menacent d’augmenter les droits de douane sur New Delhi, en raison des achats soutenus de pétrole russe par l’Inde.

L’UE suspend 93 milliards d’euros de tarifs douaniers contre Washington

Bruxelles gèle ses mesures de rétorsion pour six mois alors que l'accord du 27 juillet impose 15% de droits sur les exportations européennes.
en_114050848540-2

Iran et Irak peinent à finaliser leur accord gazier malgré des négociations avancées

Les discussions entre Téhéran et Bagdad sur les volumes d'exportation et une dette de 11 milliards de dollars révèlent les complexités d'une dépendance énergétique sous sanctions américaines.

L’Inde navigue entre sanctions américaines et dépendance au pétrole russe

Face aux menaces de sanctions secondaires américaines, les raffineurs indiens ralentissent leurs achats de brut russe tout en explorant des alternatives coûteuses, révélant les défis complexes de la sécurité énergétique.

Le conflit commercial entre les États-Unis et le Brésil ouvre un boulevard à la Chine et à l’Europe

Les tarifs de 50% poussent Brasília vers une intégration commerciale accélérée avec Pékin et Bruxelles, redessinant les équilibres économiques régionaux.
en_1140320748540

Trump frappe le Brésil avec 50% de tarifs mais épargne le pétrole et le fer

Washington impose des droits douaniers massifs invoquant la persécution de Bolsonaro tout en exemptant les secteurs stratégiques pour l'industrie américaine.

L’Ultimatum tarifaire américain pousse l’Inde vers nouvelles alliances commerciales asiatiques

Les sanctions du 1er août accélèrent la reconfiguration des flux commerciaux indo-pacifiques avec Vietnam, Bangladesh et Indonésie comme principaux bénéficiaires.

Connectez-vous pour lire cet article

Vous aurez également accès à une sélection de nos meilleurs contenus.

ou

Passez en illimité grâce à notre offre annuelle:
99$ la 1ère année, puis 199$ /an.