La production de biométhane en France a augmenté de manière significative en 2024, atteignant 11,6 térawattheures (TWh) contre 9,1 TWh l’année précédente, selon le dixième panorama annuel des gaz renouvelables publié par le Syndicat des énergies renouvelables (SER), Gaz et Territoires, GRDF, Natran et Teréga. Cette croissance de 27 % intervient dans un contexte de ralentissement marqué des nouvelles installations. Le biométhane produit couvre désormais 3,2 % de la consommation nationale de gaz naturel, représentant l’équivalent de la consommation énergétique de 756 000 foyers ou de 40 000 véhicules lourds.
Une chute des mises en service au plus bas depuis 2019
Le nombre de nouvelles installations injectant du biométhane dans le réseau a chuté à 79 en 2024, contre 139 en 2023. Ce volume est comparable à celui observé en 2019 et marque un net recul par rapport aux années précédentes, où les mises en service avaient dépassé les 140 unités. Le rapport attribue cette baisse à la révision des tarifs d’achat intervenue en 2020, combinée aux effets persistants des crises sanitaires et énergétiques. La tendance devrait se maintenir en 2025, selon les projections du secteur.
Des demandes d’ajustement réglementaire et de soutien ciblé
Les professionnels du secteur réclament un soutien public renforcé, notamment pour les projets de petite envergure produisant moins de 25 GWh par an. Ils appellent également à la mise en place de dispositifs d’aide pour les consommateurs de gaz renouvelables, afin de stimuler la demande. Par ailleurs, la filière plaide pour l’instauration d’un cadre dérogatoire à la loi Zéro artificialisation nette (ZAN), qui limite l’étalement urbain, afin de faciliter l’implantation de nouveaux sites de production.
Des objectifs à moyen terme jugés insuffisants
La filière salue l’inclusion d’un objectif de 44 TWh de biométhane d’ici 2030 dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2025-2035, en cours d’examen parlementaire. Toutefois, elle considère que l’objectif de 79 TWh fixé pour 2035 manque d’ambition au regard du potentiel identifié. Le secteur déplore en outre l’absence d’objectifs précis pour les technologies alternatives de production de gaz renouvelable et bas-carbone, au-delà de la méthanisation.