La France explore depuis plusieurs mois des opportunités d’approvisionnement en matières premières auprès de l’Ukraine, notamment pour répondre aux besoins de son industrie de défense. Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a confirmé ces négociations, menées en parallèle de celles entre Washington et Kiev.
Un besoin stratégique pour l’industrie de défense
Les discussions, initiées à l’automne 2024, visent à garantir à long terme la disponibilité de ressources essentielles pour la production d’équipements militaires français. « Notre industrie de défense va avoir besoin d’un certain nombre de matières premières tout à fait clé dans nos propres systèmes d’armes, non pas pour l’année prochaine, mais pour les trente ou quarante prochaines années », a déclaré Sébastien Lecornu sur Franceinfo.
L’Ukraine, riche en ressources minières, a fait de l’exploitation de ses matières premières un axe central de sa stratégie de résilience économique et militaire. Selon le ministre, ces négociations résultent directement d’une proposition formulée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son « plan pour la victoire », une initiative visant à renforcer les capacités du pays face au conflit en cours.
Un positionnement distinct des États-Unis
Contrairement aux États-Unis, qui lient l’accès aux minerais ukrainiens à la poursuite de leur aide militaire, la France ne conditionne pas son soutien à des compensations économiques. « On ne cherche pas à se faire rembourser », a précisé Sébastien Lecornu, soulignant une approche davantage tournée vers la diversification des sources d’approvisionnement plutôt que vers une logique d’échange direct.
Bien que les types de matières premières concernées n’aient pas été précisés, leur importance pour les industries stratégiques françaises suggère un intérêt pour des ressources telles que le titane, les terres rares ou encore le lithium, largement utilisés dans la fabrication d’armements et de technologies de défense.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit se rendre à Washington pour finaliser un accord cadre avec les États-Unis sur l’exploitation de ces ressources. Pendant ce temps, les discussions entre Paris et Kiev se poursuivent, sans qu’aucune annonce officielle n’ait encore précisé les modalités d’un éventuel partenariat.