La France alerte sur les tentatives de retarder les rapports du GIEC
Paris exprime sa préoccupation face aux tentatives de reporter les publications du GIEC au-delà de 2028, compromettant le bilan mondial de l'Accord de Paris, alors que l'OMM recense la décennie 2015-2025 comme la plus chaude jamais mesurée.
| Secteurs | Enjeux Énergétiques, Climat |
|---|---|
| Thèmes | Politique & Géopolitique, Diplomatie |
| Pays | France, Thaïlande, Brésil |
La France a exprimé sa vive préoccupation lors de la clôture de la 64e session plénière du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) à Bangkok, dénonçant des tentatives de reporter arbitrairement la publication de rapports scientifiques clés au-delà de 2028. Ces manœuvres visent à décaler certaines publications au-delà de la date de conclusion du deuxième bilan mondial de l'Accord de Paris. Dans un contexte de pressions croissantes sur les institutions multilatérales de l'énergie et du climat, l'AIE a récemment déployé un tracker des politiques énergétiques pour surveiller les réponses gouvernementales en temps réel. Paris considère que tout retard dans la prise en compte des données du GIEC compromettrait gravement l'action climatique mondiale.
La décennie 2015-2025, la plus chaude jamais enregistrée
L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié cette semaine un rapport indiquant que la température moyenne mondiale a dépassé de 1,43 °C les niveaux de l'ère préindustrielle sur la période 2015-2025, faisant de cette décennie la plus chaude jamais enregistrée. La chaleur accumulée dans les océans alimente une multiplication des canicules océaniques. Le niveau de la mer a progressé de 11 cm depuis le début des relevés, selon ce même rapport. Ces données illustrent, selon Paris, une crise climatique qui s'aggrave et s'accélère.
Le GIEC, pierre angulaire du multilatéralisme climatique
La France souligne le rôle central du GIEC dans l'architecture juridique climatique internationale. Les travaux de cette instance ont permis l'adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en 1992, puis de l'Accord de Paris en 2015. Lors de la COP30 tenue à Belém en novembre 2025, l'ensemble des Parties a réaffirmé cet attachement dans une décision politique reconnaissant le GIEC comme la source des « meilleures données scientifiques disponibles » pour orienter l'action climatique. En décembre 2025, la France avait accueilli à Paris les 664 auteurs du GIEC, réaffirmant son soutien à une gouvernance multilatérale fondée sur la science.
Paris mobilise l'Union européenne et ses partenaires
En coordination avec l'Union européenne et ses partenaires, la France entend défendre une politique climatique fondée sur les preuves face à ce qu'elle décrit comme une montée préoccupante de la désinformation climatique. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a déclaré que « le GIEC est la pierre angulaire du cycle de l'Accord de Paris ». La ministre a rappelé que l'Accord de 2015 reposait sur l'engagement de fonder le bilan mondial sur les rapports du GIEC. Elle a averti que les Parties ne pourront pas prendre les décisions nécessaires lors des prochaines COP si le 7e rapport d'évaluation n'est pas remis à temps.