Créée dans le contexte de la COP26 de Glasgow, la Glasgow Financial Alliance for Net Zero (GFANZ) est une nouvelle institution financière. Celle-ci regroupe plus de 450 acteurs privés dans le secteur de la finance. Ce sont principalement des banques, des gestionnaires et des assureurs. Ainsi, le nombre de compagnies financières instituant des objectifs climatiques aurait donc triplé depuis avril 2021.
La GFANZ entend guider les investissements du secteur privé avec une logique de transition énergétique et décarbonation. Pour atteindre ses objectifs de Net Zero, la GFANZ et ses membres s’engagent à mettre le climat au centre de leurs choix d’investissement. Ainsi, ils mettent une pression financière sur les entreprises. Cette dernière peut pousser les entreprises à développer des stratégies ambitieuses mais réalisables de décarbonation.
De plus, les investissements dans les énergies renouvelables et la transition énergétique recevront plus de financements privés. Par ailleurs, la GFANZ lance un appel aux dirigeants du G20. Elle attend de ces derniers une multiplication des politiques publiques visant le Net Zero.
La COP 27, une opportunité pour la GFANZ
La COP27 pourrait permettre à la GFANZ de montrer les efforts qu’elle fournit. D’ici là le groupe présentera ses critères climatiques stricts ainsi que des cadres pour guider les secteurs variés. Si la GFANZ espère inciter les compagnies privées à développer et accélérer leurs efforts de décarbonation, le group devra également assurer un accompagnement des acteurs. En plus d’investissement de capitaux, de nombreuses entreprises auront besoin d’être guidées de façon concrète.
Ainsi, les financements des énergies fossiles pourraient radicalement changer. Les compagnies du secteur devront s’efforcer de réduire leurs émissions, nécessitant alors une transformation de leurs modèles.
La crédibilité, un enjeu majeur
Pour parvenir à ses objectifs, la GFANZ doit absolument démontrer sa crédibilité face aux différents acteurs et aux différentes entités du secteur. D’autant plus que certaines pratiques de la GFANZ pourraient susciter des doutes quant à son engagement climatique.
Par exemple, elle ne prône pas l’interruption totale des entreprises dans les hydrocarbures. De fait, elle recommande d’investir dans les hydrocarbures avec un réel plan de transition énergétique. La GFANZ explique qu’une recommandation allant dans le sens d’une interruption totale des investissements dans ces compagnies pénaliserait l’alliance sur le long terme. Or, cela nuirait à la transition énergétique.
De plus, la GFANZ s’inscrit dans la campagne de l’ONU intitulée UN’s Race to Zero. Celle-ci engendre un encadrement et des critères stricts en matière d’émissions. Ces critères sont particulièrement ambitieux: une réduction de 50% des émissions de carbone d’ici 2030 pour atteindre le Net Zero d’ici 2050.
Un levier puissant mais insuffisant
Malgré l’impact important que la GFANZ pourrait avoir sur le secteur financier et les objectifs climatiques, il resterait insuffisant. De fait, seul, il risque de ne pas faire le poids face aux très nombreuses entreprises. Par ailleurs, malgré la pression grandissante quant à la réduction des émissions, les énergies fossiles représentent toujours des profits importants.
De plus, nombreuses sont les compagnies publiques qui participent aux émissions de carbone. Or, celles-ci ne sont pas affectées par les financements privés. Ainsi, le levier financier de la GFANZ perd de son importance.
Si pour beaucoup la COP26 est un échec, la création de la GFANZ pourrait permettre à la COP27 de proposer des plans concrets en matière de réduction des émissions de carbone.