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Ineos retire ses capitaux du Royaume-Uni et engage 3 mrd £ d’investissements aux États-Unis

Ineos Energy met fin à tous ses projets au Royaume-Uni, évoquant une fiscalité instable et des prix énergétiques trop élevés, et redirige ses investissements vers les États-Unis, où la société vient de consacrer 3 mrd £ à de nouveaux actifs.

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Ineos retire ses capitaux du Royaume-Uni et engage 3 mrd £ d’investissements aux États-Unis

Secteurs Gaz, Pétrole, Exploration production, Exploration production
Thèmes Investissement entreprise, Investissements & Transactions
Pays Danemark, Royaume-Uni, États-Unis

Le groupe Ineos Energy, filiale du conglomérat industriel fondé par Sir Jim Ratcliffe, a confirmé l’arrêt immédiat de tous ses investissements au Royaume-Uni. L’entreprise a décidé de réorienter ses capitaux vers les États-Unis, motivée par la combinaison d’une fiscalité jugée imprévisible et d’un environnement énergétique devenu trop onéreux pour maintenir la compétitivité de ses sites industriels.

Brian Gilvary, président du conseil d’Ineos Energy, a précisé que le groupe a récemment investi 3 mrd £ ($3.76bn) outre-Atlantique. Ce redéploiement stratégique intervient après la fermeture du site de raffinage de Grangemouth en Écosse, actif depuis cent ans. L’usine voisine de production d’oléfines et de polymères, qui alimente des centaines d’entreprises de plasturgie au Royaume-Uni, est également en difficulté.

Des conditions jugées défavorables pour le secteur

Selon Brian Gilvary, l’environnement fiscal britannique constitue désormais un frein majeur pour les opérateurs énergétiques. Il a souligné que « le Royaume-Uni est devenu l’un des régimes fiscaux les plus instables du monde pour les ressources naturelles », rendant tout investissement risqué sur le long terme. La décision du groupe reflète une perte de confiance dans la capacité du pays à garantir un cadre réglementaire et fiscal prévisible.

Le fondateur du groupe, Sir Jim Ratcliffe, a pour sa part mis en cause les coûts énergétiques, en hausse constante ces dernières années, et en grande partie liés aux prélèvements environnementaux. Il estime que ces charges rendent les activités industrielles locales non rentables.

Réallocation des investissements vers les États-Unis

Ineos Energy a orienté ses nouveaux investissements vers les États-Unis, mettant en avant la stabilité de son régime fiscal et des politiques énergétiques tournées vers la sécurité d’approvisionnement. Brian Gilvary a cité les performances du marché américain, passé d’un déficit à une position d’exportateur net, comme preuve de la solidité de sa stratégie énergétique.

En avril, le groupe a acquis des actifs pétroliers et gaziers dans le golfe du Mexique auprès de China National Offshore Oil Corporation. Cette opération porte à plus de $3bn (£2.2bn) les montants engagés par Ineos sur le territoire américain dans le secteur de l’énergie.

Pression fiscale et recul de la production en mer du Nord

Les opérations d’Ineos dans la mer du Nord, où il exploite les plateformes Breagh et Clipper South ainsi que des participations dans la zone gazière Greater Laggan, sont fortement affectées par la Energy Profits Levy. Introduite à 75 % puis relevée à 78 % sous la chancellerie de Rachel Reeves, cette taxe exceptionnelle sur les bénéfices pétroliers a réduit les marges disponibles pour l’investissement.

La filiale qui opère le Forties Pipeline System, reliant près de 80 champs offshore au territoire britannique, a elle aussi enregistré des pertes. La baisse des volumes transportés reflète le désengagement progressif d’autres exploitants de la région.

Coût de l’énergie et impact industriel

Le Royaume-Uni affiche actuellement les prix industriels de l’électricité les plus élevés d’Europe. Entre janvier 2021 et fin 2024, les tarifs sont passés de 14,8p à 26,0p par kilowattheure, soit une hausse de 75 %. Le gaz a suivi une évolution similaire, doublant de 2,5p à 5,5p par kilowattheure. Selon les données disponibles, ces hausses ont entraîné une baisse de 33 % de la production dans les industries à forte consommation énergétique.

Un porte-parole du Trésor a indiqué que la Energy Profits Levy prendra fin au plus tard le 31 mars 2030 et qu’une concertation avec les représentants du secteur est en cours pour définir le dispositif qui lui succédera.

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