Skip to content

Gunvor abandonne son offre de $22bn sur les actifs de Lukoil sous pression américaine

Le négociant suisse Gunvor a retiré son offre d’achat des actifs internationaux de Lukoil après l’annonce des autorités américaines de bloquer toute licence d’exploitation liée à l’accord.

LinkedIn X Email
Gunvor abandonne son offre de $22bn sur les actifs de Lukoil sous pression américaine

Secteurs Pétrole, Carburants
Thèmes Politique & Géopolitique, Sanctions
Sociétés Gunvor, Rosneft, Lukoil
Pays Bulgarie, Suisse, Roumanie, Russie, États-Unis

Le groupe suisse de négoce de matières premières Gunvor a annoncé qu’il renonçait à son projet d’acquisition de 22 milliards de dollars des actifs internationaux du géant pétrolier russe Lukoil, à la suite d’une déclaration du département du Trésor américain indiquant qu’il s’opposerait à la transaction. Cette décision met fin à plusieurs mois de négociations entre les deux sociétés, qui cherchaient à conclure un accord dans un contexte géopolitique tendu.

Blocage américain sur fond de sanctions

Le Trésor américain a déclaré dans une publication officielle que Gunvor ne recevrait aucune autorisation pour exploiter les actifs de Lukoil « tant que Vladimir Poutine continue les tueries insensées en Ukraine ». Il a qualifié Gunvor de « marionnette du Kremlin », une référence directe à l’un des cofondateurs de l’entreprise, Gennady Timchenko, proche du président russe.

Gunvor a réagi en affirmant que ces allégations étaient « fondamentalement fausses » et a rappelé qu’elle avait cessé toute activité en Russie, cédé ses actifs russes et condamné publiquement l’invasion de l’Ukraine. Dans un communiqué, l’entreprise a précisé qu’elle retirait formellement sa proposition d’achat, ajoutant qu’elle souhaitait clarifier ce qu’elle considère comme un malentendu.

Des actifs stratégiques à l’arrêt

Les actifs visés par la vente incluaient des raffineries en Roumanie et en Bulgarie, un réseau de stations-service aux États-Unis et en Europe, ainsi que des champs pétroliers et gaziers répartis au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie centrale. Leur avenir est désormais incertain, les sanctions américaines visant Lukoil devant entrer en vigueur le 21 novembre.

Gunvor avait précédemment averti que le blocage de cette opération pourrait entraîner des pertes d’emplois en Europe et perturber l’approvisionnement en carburant, notamment en Bulgarie et en Roumanie. La raffinerie de Burgas, opérée par Lukoil, fournit plus des deux tiers du carburant bulgare, tandis que Petrotel représente environ un tiers de la capacité de raffinage roumaine.

Contexte de pression géopolitique accrue

La tentative de Gunvor d’acquérir les actifs de Lukoil avait été perçue comme une solution de sortie pour l’entreprise russe, récemment visée par des sanctions renforcées de la part de l’administration américaine. Ces mesures touchaient également Rosneft, entreprise sous contrôle du Kremlin, dans le but d’assécher les revenus énergétiques alimentant la guerre en Ukraine.

Fondée dans les années 1990 par Torbjörn Törnqvist et Gennady Timchenko, Gunvor a toujours affirmé que Timchenko n’avait plus aucun lien avec l’entreprise depuis la revente de ses parts à Törnqvist après l’annexion de la Crimée par la Russie.

À lire aussi