Le groupe chinois Xinjiang Goldwind Science & Technology Co., Ltd., premier constructeur mondial d’éoliennes, a annoncé une croissance significative de ses résultats financiers en 2024, soutenue par une forte dynamique à l’export. Selon les données publiées sur le site de la Bourse de Hong Kong le 28 mars, le chiffre d’affaires annuel a atteint 56,5 milliards de yuans (environ €7,18 milliards), soit une progression de 12,5 % sur un an. Le bénéfice net a bondi de 40 % pour atteindre 1,9 milliard de yuans.
Expansion à l’international face au repli du marché domestique
La part des revenus réalisée à l’international a connu une progression marquée, s’élevant à près de 12 milliards de yuans, contre 7,8 milliards l’année précédente. Cette orientation stratégique intervient alors que le marché intérieur chinois montre des signes de saturation et que les soutiens publics aux industriels du secteur connaissent un ralentissement. Goldwind, historiquement ancré sur son marché domestique depuis les années 1980, a ainsi consolidé sa présence à l’étranger dans un contexte économique moins porteur localement.
Domination chinoise sur un marché globalement restructuré
D’après BloombergNEF, six des sept principaux fabricants mondiaux d’éoliennes sont désormais basés en Chine, illustrant l’évolution du secteur vers une domination asiatique. La Chine représente aujourd’hui 44 % des capacités éoliennes installées à l’échelle mondiale, tirée par une politique industrielle volontariste et des aides d’État massives, surpassant les niveaux de soutien observés au sein des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Les marchés émergents comme nouvelle frontière stratégique
Avec la baisse des subventions et le ralentissement de la demande intérieure, Goldwind et d’autres industriels chinois se tournent vers les marchés émergents et en développement pour soutenir leur croissance. Ces marchés, jugés plus accessibles, présentent également moins d’obstacles réglementaires. Selon Lauri Myllyvirta, analyste du centre de recherche Research on Energy and Clean Air (CREA), « les fabricants occidentaux ont été pénalisés par des perturbations des chaînes d’approvisionnement et une hausse des coûts liée à la pandémie et à l’invasion russe de l’Ukraine », ce qui a ouvert un espace concurrentiel pour les groupes chinois.