Skip to content

France : un plan à 70 millions d'euros pour routiers, pêcheurs et agriculteurs

Face à l'envolée des prix des carburants, Paris a annoncé un plan de soutien de quelque 70 millions d'euros en faveur des transporteurs routiers, des pêcheurs et des agriculteurs pour le mois d'avril.

LinkedIn X Email
France : un plan à 70 millions d'euros pour routiers, pêcheurs et agriculteurs

Secteurs Pétrole, Carburants
Thèmes Régulation & Gouvernance, Politique publique
Pays France

Le gouvernement français a annoncé un plan d'urgence de quelque 70 millions d'euros pour venir en aide aux professionnels les plus exposés à la flambée des prix des carburants. Financé par des annulations de crédit dans les ministères concernés afin de ne pas aggraver des finances publiques déjà dégradées, le dispositif couvre le mois d'avril et cible trois secteurs : le transport routier, la pêche et l'agriculture. Dans un contexte de marchés pétroliers sous tension, les stocks commerciaux de pétrole brut aux États-Unis ont récemment bondi de 6,2 millions de barils, illustrant la volatilité persistante qui pèse sur les prix à la pompe.

Le transport routier, principal bénéficiaire du dispositif

Avec quelque 50 millions d'euros, le transport routier de marchandises et de voyageurs reçoit la part principale de l'enveloppe. L'aide cible les TPE/PME (très petites, petites et moyennes entreprises) capables de justifier de difficultés de trésorerie majeures liées à la crise des carburants. Ces entreprises pourront s'adresser à un guichet dédié ouvert pour l'occasion, l'aide étant calibrée sur une subvention forfaitaire de 20 centimes par litre.

Le secteur avait exprimé de vives inquiétudes quant aux risques de rupture de trésorerie pour les opérateurs les plus fragiles. Le gouvernement a précisé que le financement de l'ensemble du plan repose sur des redéploiements budgétaires internes, sans création de dépense nouvelle.

Agriculture : une exonération sur le gazole non routier

Pour les agriculteurs, le gouvernement annonce une exonération du droit d'accise sur le gazole non routier (GNR) utilisé dans les tracteurs, pour un coût estimé à 14 millions d'euros. Cette mesure équivaut à une réduction de 4 centimes par litre sur un carburant qui bénéficie déjà d'une fiscalité avantageuse, selon une source gouvernementale. Paris demande par ailleurs la suspension immédiate du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les engrais, dont la France et l'Europe sont de grandes importatrices, ou, à défaut, une compensation directe pour les agriculteurs.

Pêcheurs : un remboursement direct sur les factures de carburant

Les pêcheurs, dont certains se trouvaient déjà contraints de rester à quai, bénéficieront d'une aide de 5 millions d'euros. Ce soutien, équivalent à 20 centimes par litre selon les calculs du gouvernement, prend la forme d'un remboursement direct sur les factures de carburant des navires de pêche. Le levier fiscal étant inutilisable — le gazole destiné à la pêche étant déjà exempt de taxe —, ce mécanisme de remboursement constitue la seule solution opérationnelle disponible.

Paris a indiqué son intention d'informer la Commission européenne de ce dispositif d'aide directe et de solliciter sa validation dans les meilleurs délais, ce qui pourrait à terme permettre des remises directes à la pompe pour ce secteur. Dans un environnement marqué par de multiples tensions sur les routes d'approvisionnement mondiales, dont les menaces de Téhéran sur le détroit de Bab el-Mandeb, couloir stratégique pour le pétrole, la pression sur les coûts énergétiques des filières professionnelles devrait rester élevée.

À lire aussi