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France : des parlementaires s’opposent à la fermeture de la centrale de Cordemais

Huit députés et sénateurs de Loire-Atlantique demandent à Emmanuel Macron de revenir sur la décision de fermeture de la centrale à charbon de Cordemais, prévue pour 2027, dénonçant une rupture des engagements environnementaux.

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France : des parlementaires s’opposent à la fermeture de la centrale de Cordemais

Secteurs Charbon, Carbone
Thèmes Régulation & Gouvernance, Politique publique
Sociétés EDF, Framatome
Pays France

La centrale à charbon de Cordemais, située en Loire-Atlantique, est au cœur d’une vive opposition entre des parlementaires locaux et le gouvernement français. Huit députés et sénateurs ont adressé une lettre ouverte au président Emmanuel Macron pour l’exhorter à revenir sur la décision de fermer la centrale d’ici 2027. Ils dénoncent une « trahison de la parole présidentielle » et pointent du doigt EDF, qui a renoncé à un projet de conversion écologique du site.

Les signataires, dont des députés de la France Insoumise comme Ségolène Amiot et Matthias Tavel, ainsi que des socialistes comme Karim Benbrahim et Fabrice Roussel, se montrent particulièrement critiques à l’égard de cette décision. Quatre sénateurs, dont Karine Daniel (PS) et Ronan Dantec (écologiste), soutiennent également cette démarche, insistant sur l’importance de la centrale pour l’approvisionnement énergétique de la région.

En septembre 2023, Emmanuel Macron avait promis que la centrale de Cordemais, l’une des deux dernières centrales à charbon en activité en France, serait entièrement convertie à la biomasse d’ici 2027. Le projet de conversion, appelé Ecocombust, devait permettre l’utilisation de granulés de bois issus de déchets, en remplacement du charbon. Cependant, EDF a annoncé en septembre 2024 son abandon de ce projet, invoquant des coûts jugés trop élevés et une incertitude quant à sa rentabilité à long terme.

Une perte pour la région

Les parlementaires soulignent que la fermeture de la centrale priverait la région des Pays de la Loire de son principal moyen de production électrique pilotable, un terme qui désigne les installations capables de moduler leur production en fonction de la demande. La centrale de Cordemais est un pilier de la production d’électricité régionale, et sa fermeture pourrait créer un déséquilibre dans l’approvisionnement local.

De plus, les conséquences économiques inquiètent les élus. Selon eux, la fermeture entraînerait la suppression de 350 emplois directs chez EDF, sans compter environ 120 sous-traitants qui travaillent régulièrement sur le site. Les parlementaires estiment que ces pertes ne seront pas compensées par le projet industriel que propose EDF en contrepartie, à savoir la fabrication de composants pour les futures centrales nucléaires de la filiale Framatome.

Un défi pour la transition énergétique

Au-delà des enjeux économiques et sociaux, la fermeture de la centrale de Cordemais suscite des interrogations sur la stratégie de la France en matière de transition énergétique. Le projet de conversion à la biomasse était vu comme un compromis entre la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le maintien de l’emploi local. En abandonnant ce projet, EDF fragilise la promesse présidentielle de concilier écologie et économie.

Les parlementaires dénoncent ainsi une incohérence dans la politique énergétique du pays. La fermeture de Cordemais interviendrait à un moment critique pour la France, qui s’efforce de réduire ses émissions de carbone tout en assurant la sécurité énergétique. Pour eux, la conversion à la biomasse représentait une solution viable, tant sur le plan environnemental qu’industriel.

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