ExxonMobil relance Rovuma LNG au Mozambique en visant une décision d’investissement en 2026

La levée de la force majeure sur le projet Rovuma LNG remet le Mozambique au centre de la carte mondiale du gaz naturel liquéfié, avec une capacité ciblée de 18 Mt/an et une fenêtre stratégique resserrée pour sécuriser les financements.

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Le groupe ExxonMobil a officiellement levé la clause de force majeure sur le projet Rovuma LNG au Mozambique, ouvrant la voie à une décision finale d’investissement (FID) attendue en 2025 ou 2026. Ce redémarrage positionne le pays d’Afrique australe parmi les futurs acteurs clés du gaz naturel liquéfié (GNL), dans un contexte de forte concurrence mondiale et de risques sécuritaires persistants.

Une infrastructure onshore à 18 Mt/an dans la zone d’Afungi

Le projet Rovuma LNG, situé dans la province de Cabo Delgado, prévoit l’installation de deux trains de liquéfaction d’une capacité totale de 18 Mt/an, sur le site d’Afungi. Cette infrastructure repose sur l’exploitation d’environ 21,7 Tcf de gaz réservés au sein du périmètre Area 4, estimé à 85 Tcf de ressources totales. Le consortium Area 4 est piloté par ExxonMobil en tant qu’opérateur onshore, aux côtés d’Eni (25 %, opérateur FLNG), China National Petroleum Corporation (20 %), Korea Gas Corporation (10 %), Abu Dhabi National Oil Company/XRG (10 %) et Empresa Nacional de Hidrocarbonetos (10 %).

En miroir, le projet voisin Mozambique LNG, porté par TotalEnergies dans l’Area 1, a également levé sa clause de force majeure. Avec 13,1 Mt/an de capacité, il vise désormais un démarrage en 2029, après des surcoûts annoncés de plus de $4,5bn sur un budget initial de $20bn. En parallèle, les unités flottantes Coral Sul (3,4 Mt/an) et Coral North (3,6 Mt/an, FID prévue en 2025) complètent l’écosystème GNL mozambicain.

La sécurité militaire externalisée au Rwanda

La relance du projet Rovuma LNG repose en grande partie sur l’amélioration du dispositif sécuritaire autour du site d’Afungi. Après le retrait progressif de la mission SAMIM de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), le gouvernement mozambicain a signé un accord de statut des forces (SOFA) avec le Rwanda. Celui-ci prévoit le déploiement d’environ 4 000 militaires rwandais entre 2024 et 2026 pour assurer la sécurité permanente de la zone.

Ce cadre juridique permet de rassurer les assureurs, bailleurs et partenaires industriels du projet, alors que la région de Cabo Delgado a été marquée par une insurrection islamiste depuis 2017. Le groupe armé Ahlu Sunnah Wal Jamaah, affilié à l’organisation État islamique (ISIS-Mozambique), reste actif dans certaines zones, bien que l’intensité des attaques ait diminué depuis 2023 autour des sites gaziers. Le risque d’un déplacement géographique du conflit persiste toutefois.

Un environnement mondial en concurrence croissante

La relance du projet s’inscrit dans un environnement international marqué par une croissance rapide des capacités de liquéfaction. Selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), plus de 300 bcm/an de nouvelles capacités sont attendues d’ici 2030, essentiellement aux États-Unis et au Qatar. Dans ce contexte, Rovuma LNG s’inscrit dans une seconde vague, avec une fenêtre stratégique réduite pour sécuriser les financements à long terme et les contrats de vente (SPA).

La structure de gouvernance du projet reflète un équilibre géopolitique entre États-Unis, Union européenne, Moyen-Orient et Asie. En parallèle de TotalEnergies sur Mozambique LNG et Eni sur Coral South/North, ExxonMobil tente de reprendre l’initiative en relançant Rovuma LNG, alors que les acheteurs asiatiques — notamment en Chine, Corée du Sud, Japon et Inde — représentent les principaux débouchés. La présence de CNPC et KOGAS dans le consortium renforce cette orientation.

Contraintes financières et arbitrages contractuels

La levée de la clause de force majeure réactive les obligations contractuelles d’ExxonMobil, notamment en matière de construction, livraison et reporting aux partenaires financiers. Les SPAs déjà signés avant 2021 restent valides, mais pourront faire l’objet de renégociations dans un environnement de prix du GNL stabilisé autour de $11–12/MBtu en Asie (indice JKM). Les acheteurs bénéficient actuellement d’une offre excédentaire et de stocks élevés, ce qui renforce leur pouvoir de négociation.

Le projet devra s’appuyer sur des contrats indexés pétrole à long terme pour atteindre la rentabilité attendue. Le coût complet du projet reste élevé, en raison des infrastructures onshore, du dispositif sécuritaire externalisé et des exigences croissantes en matière de conformité environnementale et sociale. Cette configuration renforce l’importance d’une structuration financière robuste et de garanties contractuelles solides.

Poids économique pour le Mozambique

Le gouvernement mozambicain mise sur les investissements gaziers pour générer des recettes fiscales significatives. Les projections actuelles estiment à près de $100bn les revenus cumulés potentiels pour l’État si les projets atteignent leur pleine capacité de production. Toutefois, l’État reste confronté à des défis en matière de gouvernance, de partage de la valeur et de contrôle des coûts, notamment après l’annonce par TotalEnergies de dépassements budgétaires importants sur Mozambique LNG.

La reprise des activités à Afungi doit générer un effet d’entraînement sur l’économie locale, en particulier dans les secteurs du bâtiment, de la logistique et des services. Pour que cet impact soit durable, les autorités devront renforcer les mécanismes de contenu local et garantir leur application effective dans les appels d’offres et les contrats de sous-traitance.

Impact sur la chaîne de valeur énergétique mondiale

Avec la levée de la force majeure sur Rovuma LNG, le Mozambique pourrait atteindre une capacité totale de liquéfaction d’environ 35 Mt/an à l’horizon 2030, en combinant les projets Rovuma LNG, Mozambique LNG et Coral North. Ce niveau placerait le pays parmi les dix premiers exportateurs mondiaux de GNL. Pour les entreprises de la chaîne de valeur, cette montée en charge implique une hausse de la demande en équipements cryogéniques, unités de compression, services EPC et navires méthaniers.

Cependant, la concurrence pour l’accès aux ressources industrielles est forte. Les projets au Qatar, aux États-Unis et au Canada mobilisent déjà une part importante de la capacité mondiale de construction et d’ingénierie, ce qui pourrait ralentir les délais et augmenter les coûts de Rovuma LNG. Les bailleurs doivent ainsi intégrer une marge de flexibilité importante dans leur planification.

Exigences de gouvernance et de conformité pour les investisseurs

Les contentieux en cours sur Mozambique LNG ont déclenché une révision des politiques de diligence raisonnable par les agences de crédit à l’export et les banques internationales. Dans ce contexte, les partenaires de Rovuma LNG doivent renforcer leur transparence sur la gouvernance sécuritaire, la gestion des plaintes communautaires et la chaîne de sous-traitance.

ExxonMobil devra également gérer la complexité d’un consortium à gouvernance multiple, avec des partenaires issus de juridictions aux exigences réglementaires et politiques divergentes. La capacité à maintenir un front commun dans la gestion opérationnelle et financière du projet sera déterminante pour assurer le respect du calendrier de FID et éviter les retards observés sur d’autres projets.

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