Explosion des coûts pour l’île énergétique belge en mer du Nord

Le projet ambitieux de l’île artificielle belge en mer du Nord, conçue pour centraliser la distribution d’énergie renouvelable, voit ses coûts tripler, suscitant des inquiétudes sur son avenir financier et environnemental.

Partager:

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25€/mois*

*facturé annuellement à 99 € la première année, puis 149€/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

AUTRES ACCES

Abonnement mensuel

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2€/mois*
puis 14.90€ les mois suivant

COMPTE GRATUIT​

3 articles offerts par mois

GRATUIT

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 35 000 articles • +150 analyses/sem.

Située à environ 45 kilomètres des côtes belges, l’île artificielle nommée « Princesse Elisabeth » est une initiative majeure dans la transition énergétique de la Belgique. Ce projet s’étend sur six hectares et regroupe les installations pour le transport de l’électricité provenant de plusieurs parcs éoliens offshore. Avec l’intégration de transformateurs et de câbles sous-marins, cette plateforme doit servir de « hub électrique » pour acheminer le courant vers la Belgique et ses voisins européens. Lancé en 2021, ce projet est perçu comme une étape clé pour réduire la dépendance belge aux énergies fossiles.

Le gouvernement belge prévoit l’installation de parcs éoliens offshore d’une capacité de 3,5 gigawatts (GW), une puissance suffisante pour couvrir près de 30% des besoins énergétiques nationaux et alimenter tous les foyers belges. Cependant, l’ampleur du projet et ses ambitions écologiques se heurtent à une flambée des coûts sans précédent. Initialement évalué à 2,2 milliards d’euros, le budget de l’île Princesse Elisabeth a récemment été réévalué à 7 milliards d’euros, un triplement qui alarme les décideurs politiques et les acteurs industriels.

Des raisons financières et géopolitiques complexes

La ministre belge de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, a exprimé sa préoccupation quant à cette envolée des coûts. Selon elle, le conflit en Ukraine et la dépendance européenne au gaz russe ont indirectement provoqué une hausse des prix des équipements et des matériaux nécessaires au projet. « Dans tous les pays, on veut acheter le même matériel : câbles, convertisseurs AC/DC pour l’électricité et même l’accès aux navires », a déclaré Frédéric Dunon, PDG d’Elia Transmission Belgique, l’entreprise chargée du projet.

Ces contraintes ont également entraîné des retards dans la mise en place du chantier. Les coûts des matériaux et la logistique complexe autour de la construction de cette île en pleine mer ont obligé Elia à revoir son budget initial et à solliciter un soutien financier de la Banque européenne d’investissement, qui a accordé un prêt de 650 millions d’euros pour contribuer au financement du projet.

Impact sur les consommateurs et le débat politique

Le secteur industriel belge, principal consommateur d’énergie, craint que les dépassements budgétaires n’entraînent une augmentation des factures d’électricité. Certaines voix parmi les industriels et les économistes remettent en question la viabilité économique du projet et appellent à une révision de ses objectifs initiaux. Par ailleurs, les ONG environnementales et les partis écologistes continuent de soutenir le projet, insistant sur ses impacts positifs pour la biodiversité marine, notamment avec l’installation d’un récif artificiel et des mesures de protection pour les oiseaux marins.

En dépit de ces soutiens, le financement européen pourrait ne pas suffire à combler le déficit budgétaire, et des inquiétudes se posent quant à la capacité du futur gouvernement belge à soutenir un tel investissement dans le contexte actuel de rigueur budgétaire.

Un projet essentiel face aux incertitudes climatiques

L’île Princesse Elisabeth s’inscrit dans la stratégie européenne visant à atteindre 42,5% d’énergies renouvelables d’ici 2030. Face à la montée de l’extrême droite en Europe et aux discours climato-sceptiques, la réalisation de cette île artificielle revêt une dimension symbolique pour les écologistes, qui craignent un retour aux énergies fossiles si le projet venait à être interrompu.

La ministre Van der Straeten insiste sur la nécessité de réaliser des « projets transformateurs » pour l’avenir énergétique de l’Union européenne. Elle souligne que les investissements en infrastructures de grande envergure sont essentiels pour atteindre les objectifs de neutralité carbone. Le débat sur la durabilité de ce projet en mer du Nord s’étend donc au-delà de la Belgique, mettant en lumière les défis financiers et politiques que rencontrent les initiatives écologiques d’envergure en Europe.

Le Canada réforme sa loi sur l’efficacité énergétique pour adapter sa politique aux marchés numériques

Le gouvernement canadien introduit une révision législative majeure de la Loi sur l’efficacité énergétique afin de soutenir sa stratégie nationale et s’aligner sur les réalités du commerce numérique.

Québec maintient seul un prix carbone à la pompe malgré la fin de la taxe fédérale

Québec devient l’unique province canadienne où le prix du carbone continue de s’appliquer directement aux carburants, dans un contexte où Ottawa a supprimé la taxe carbone grand public depuis avril 2025.

L’Inde investit $872mn pour produire localement ses aimants aux terres rares

New Delhi lance un plan d’incitations de 72,8 Md INR pour créer une capacité nationale de 6 000 tonnes d’aimants permanents, face aux restrictions croissantes imposées par la Chine sur les exportations de composants critiques.
en_114027271133540

Les contrats long terme redessinent le risque électrique sur 30 ans face à la volatilité

L’essor des CfD, PPA et mécanismes de capacité traduit un basculement structurel : les marchés ne couvrent plus les besoins de financement à 10–30 ans, alors que les prix spot ont bondi de 400 % en Europe depuis 2019.

Berlin prévoit l’acquisition de 25,1 % de TenneT Allemagne début 2026

L’Allemagne prévoit de finaliser l’achat de 25,1 % de la filiale allemande de TenneT pour 5,8 milliards €, afin de renforcer son contrôle sur les infrastructures critiques du réseau électrique national.

Le Ghana réorganise son secteur électrique autour du gaz pour contenir son déficit

Le gouvernement ghanéen met en œuvre une réforme de son système énergétique visant à renforcer l’usage du gaz naturel local, espérant réduire les coûts de production d’électricité et limiter le déséquilibre financier du secteur.
en_114026261126540

Le Suriname prévoit 220 000 barils par jour pour sa stratégie pétrolière d’ici 2028

À l’occasion des 50 ans de son indépendance, le Suriname a annoncé une feuille de route nationale incluant un investissement public majeur pour exploiter ses réserves pétrolières offshore.

La Corée du Sud face à la pression de l’AIE pour libéraliser son marché de l’électricité

Dans sa dernière revue, l’Agence internationale de l’énergie alerte sur les blocages structurels du marché sud-coréen de l’électricité, appelant à des réformes urgentes pour combler le retard sur les renouvelables et réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés.

La capacité électrique installée en Chine atteint 3.75 bn kW, en hausse de 17.3 %

La capacité de production électrique de la Chine a enregistré une forte croissance en octobre, portée par l’expansion continue du solaire et de l’éolien, selon les données officielles de l’administration nationale de l’énergie.
en_114025251129540

Trump relance l’offshore américain avec un plan de 34 ventes entre 2026 et 2031

Le programme offshore 2026-2031 propose d’ouvrir plus d’un milliard d’acres à l’exploration pétrolière, déclenchant une bataille réglementaire entre Washington, les États côtiers et les groupes juridiques spécialisés.

Le Mozambique centralise ses infrastructures gazières pour sécuriser l’axe Beira–Rompco

Le gouvernement du Mozambique regroupe ses actifs de transport et de regazéification gazière dans un véhicule public, consolidant l’axe stratégique Beira–Rompco pour soutenir les projets Rovuma et répondre à la dépendance sud-africaine.

NESO lance une consultation nationale pour planifier l’infrastructure énergétique régionale

Le gestionnaire britannique NESO engage un processus de consultation pour définir la méthodologie de onze futurs plans stratégiques régionaux destinés à coordonner les besoins énergétiques en Angleterre, en Écosse et au pays de Galles.
en_1140221136540

COP30 verrouille l’adaptation, contourne les fossiles et ouvre un front réglementaire climatique

La conférence de Belém acte un compromis entre adaptation budgétairement encadrée, retrait des ambitions sur les fossiles et ouverture d’un dialogue climat–commerce susceptible de déclencher de nouveaux contentieux réglementaires.

Le Royaume-Uni sommé d’arbitrer entre capture carbone et carburants d’aviation

Une étude de l’Oxford Institute for Energy Studies révèle que la valorisation énergétique des déchets avec captage de CO₂ offre un bénéfice climatique presque double par rapport à leur transformation en carburants d’aviation.

Le Sipperec renouvelle son contrat de concession d’électricité avec EDF et Enedis

Signé pour 25 ans, le nouveau contrat de concession du Sipperec avec EDF et Enedis couvre 87 communes franciliennes et engage les parties sur la gestion et l’évolution du réseau public de distribution d’électricité jusqu’en 2051.
en_114019181130540

La CRE dresse le bilan du redémarrage progressif des marchés de détail de l’énergie

La Commission de régulation de l’énergie publie son rapport 2023-2024 et détaille les impacts de la crise sur les marchés du gaz et de l’électricité, ainsi que les mesures mises en œuvre pour soutenir la concurrence et restaurer la confiance des consommateurs.

Plus de 80 pays poussent pour une feuille de route sur la sortie des fossiles à la COP30

Réunis à Belém, des États d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et d’Europe soutiennent l’adoption d’un calendrier de retrait progressif des combustibles fossiles, malgré la résistance attendue de plusieurs pays producteurs.

Les Européens resserrent l’étau autour de l’Iran avec une résolution AIEA ciblée

L’E3 et les États-Unis déposent une résolution à l’AIEA pour formaliser la non-coopération iranienne après les frappes de juin, consolidant les bases juridiques d’un durcissement des sanctions énergétiques et financières.
en_114019191134540

Londres crée une taskforce pour renforcer la résilience énergétique après l’incident de Heathrow

Le Royaume-Uni lance une taskforce dirigée par le ministre de l'Énergie pour renforcer la sécurité du réseau électrique national, après l’interruption complète de l’aéroport d’Heathrow causée par un incendie de sous-station.

L’Inde vise $68bn d’investissements japonais pour dynamiser gaz et hydrogène

New Delhi sollicite $68bn d’investissements japonais pour accélérer ses projets gaziers, développer l’hydrogène et renforcer ses capacités d’importation de GNL dans un contexte d’ouverture accrue aux capitaux étrangers.

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25€/mois*

*facturé annuellement à 99 € la première année, puis 149€/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

Abonnement mensuel​

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2€/mois*
puis 14.90€ les mois suivant

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 30 000 articles • +150 analyses/sem.