Eni, géant énergétique italien, et PETRONAS, la compagnie nationale malaisienne, ont annoncé le 28 février 2025 qu’elles étaient en discussions pour créer une nouvelle coentreprise, visant à fusionner certains de leurs actifs en Asie du Sud-Est. Ce partenariat devrait permettre à la future entité de devenir un acteur majeur dans la région, avec des réserves estimées à 3 milliards de barils équivalents pétrole (boe) et une production cible de 500 000 barils équivalents pétrole par jour (boed) à moyen terme.
La composition exacte des actifs inclus dans la coentreprise n’a pas encore été précisée. Toutefois, selon Wood Mackenzie, il est prévu que cette société combine des actifs de production et d’exploration provenant principalement de l’Indonésie, notamment les participations substantielles d’Eni dans le bassin de Kutei. PETRONAS y contribuerait également en apportant des actifs issus de son portefeuille malaisien, notamment sa part dans le projet Abadi LNG et le bloc SK316 en Sarawak, l’un de ses principaux actifs producteurs.
Un partenariat stratégique pour un acteur régional
Andrew Harwood, vice-président de la recherche pour l’Asie-Pacifique chez Wood Mackenzie, a souligné que ce partenariat allait au-delà des attentes de l’industrie, avec une portée innovante et un potentiel considérable. Selon lui, cette coentreprise bénéficiera des capacités d’exploration de pointe d’Eni et de la forte présence régionale de PETRONAS, créant ainsi un acteur puissant en Asie du Sud-Est. Cette nouvelle entité serait bien positionnée pour mener à bien des projets d’approvisionnement en gaz et d’infrastructures, tout en poursuivant des opportunités d’exploration à fort impact dans la région.
Pour Eni, ce mouvement s’inscrit dans une série de succès similaires dans d’autres régions, tels que l’Angola (Azule Energy, en partenariat avec BP), la Norvège (Var Energi) et le Royaume-Uni (Ithaca). Ces précédentes coentreprises ont permis à Eni de valoriser des actifs non stratégiques, mais l’approche actuelle semble différente, en raison du potentiel de croissance que l’Indonésie représente dans le portefeuille global de l’entreprise. D’ici le début des années 2030, l’Indonésie pourrait devenir l’un des plus grands producteurs mondiaux pour Eni.
Défis et perspectives pour l’Asie du Sud-Est
Les raisons principales de cette initiative reposent sur la gestion des engagements en capital, la libération de nouvelles opportunités de croissance, et l’élargissement des relations stratégiques. Selon Harwood, cette coentreprise pourrait être le catalyseur nécessaire pour débloquer le potentiel inexploité de la région, dont les ressources restent largement sous-exploitées. En tant qu’opérateur capable et bien financé, cette nouvelle entité pourrait jouer un rôle clé dans le développement des infrastructures énergétiques et l’exploration de nouvelles ressources en Asie du Sud-Est.