Des parlementaires issus des groupes Horizons et Les Républicains, aux côtés d’experts et anciens responsables de l’industrie énergétique, ont appelé à suspendre la publication prochaine de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), lors d’une conférence de presse organisée à Paris. Cette feuille de route, qui doit être adoptée par décret dans les jours à venir, fixe les objectifs énergétiques de la France pour la période 2025-2035.
Ce collectif, comprenant notamment les anciens présidents d’Électricité de France (EDF) Henri Proglio et de Réseau de Transport d’Électricité (RTE) André Merlin, dénonce une trajectoire qu’il juge “imposée” et élaborée dans un contexte obsolète, antérieur aux récentes crises géopolitiques et à la volatilité accrue des prix de l’électricité. L’appel, porté par les députés Henri Alfandari et Vincent Louault (Horizons), ainsi que par les sénateurs Stéphane Piednoir et Raphaël Schellenberger (Les Républicains), intervient alors que les tensions politiques s’intensifient autour de la stratégie énergétique nationale.
Une contestation de la gouvernance énergétique
Les signataires rejettent une orientation qui, selon eux, accorde une place excessive aux énergies intermittentes telles que l’éolien et le solaire, sans prendre en compte les limites structurelles du réseau électrique et les exigences de souveraineté énergétique. Ils estiment que la Programmation pluriannuelle de l’énergie actuelle fait écho à une “idéologie des renouvelables”, inadaptée aux exigences industrielles et budgétaires du pays.
L’initiative s’inscrit dans un contexte de mobilisation parlementaire plus large. Après une lettre signée par 160 sénateurs adressée au Premier ministre François Bayrou, des élus de diverses sensibilités politiques convergent désormais pour exiger que la feuille de route soit soumise au vote du Parlement. Cette demande, déjà formulée par le Rassemblement national, se voit désormais renforcée par une proposition de loi sénatoriale attendue en discussion à l’Assemblée nationale.
Vers une stratégie énergétique sur le long terme
Les parlementaires réclament l’inscription dans la loi d’un principe de planification énergétique à 60 ans, qui permettrait selon eux de stabiliser la stratégie française au-delà des cycles politiques. Cette orientation est soutenue par un amendement porté par Henri Alfandari dans le cadre du projet de loi de simplification administrative actuellement examiné en commission. Le ministre de l’Industrie et de l’Énergie, Marc Ferracci, a indiqué être “ouvert” à un débat parlementaire sur cette proposition.
Cette contestation de la PPE3 marque une rupture dans la manière dont la politique énergétique est traditionnellement élaborée en France, appelant à une redéfinition des équilibres entre expertise technique, gouvernance politique et acceptabilité économique.