Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a nommé Clotaire Kondja ministre du Pétrole et du Gaz à l’occasion d’un remaniement ministériel acté par décret présidentiel le 1er janvier. Cette décision marque un changement stratégique pour le secteur extractif gabonais, dans un contexte de transition économique et budgétaire. Kondja succède à Sosthène Nguema Nguema, en poste depuis mai 2025 et désormais affecté au ministère des Mines.
Un profil industriel pour relancer un secteur vieillissant
Ancien directeur général adjoint de Vaalco Gabon, filiale locale de l’opérateur pétrolier américain, Clotaire Kondja a joué un rôle central dans le transfert de gestion vers une direction gabonaise. Cette expérience sur le terrain lui confère une connaissance opérationnelle des structures contractuelles et des contraintes économiques du secteur pétrolier national. Son parcours contraste avec celui de ses prédécesseurs, issus principalement des sphères administratives ou politiques.
La nomination intervient alors que la production pétrolière du pays continue de reculer, affectée par le vieillissement des champs en exploitation et un environnement d’investissement peu incitatif. En 2025, le Gabon a produit en moyenne 215 000 barils de brut par jour, selon les données du cabinet Energy Intelligence. Ce niveau reste éloigné du pic atteint au début des années 2010, et ce malgré des réserves prouvées estimées à près de 2 milliards de barils.
Des réformes attendues sur le gaz et le cadre contractuel
La question de la valorisation du gaz naturel, encore largement sous-exploitée, figure également parmi les priorités. Le Gabon peine à transformer son gaz associé en actif économique viable, en raison de l’absence d’infrastructures adaptées et de la faible rentabilité des projets. Les précédents efforts de diversification énergétique n’ont pas encore permis de structurer une filière gazière compétitive, malgré les ambitions industrielles affichées par les autorités.
Le cadre fiscal et contractuel constitue un autre point de blocage pour les investissements. Plusieurs opérateurs ont exprimé des réserves sur les conditions d’entrée et de renouvellement des permis, dans un contexte où la concurrence régionale s’intensifie. Le gouvernement s’est engagé à revoir certaines dispositions, mais les ajustements se font attendre sur le terrain.
Pressions budgétaires et dépendance aux revenus pétroliers
Le secteur pétrolier reste un pilier budgétaire incontournable pour le Gabon. Selon la Banque mondiale, les exportations de pétrole, de manganèse et de bois représentent 97 % des exportations de biens du pays, le brut en constituant la part dominante. Cette dépendance expose l’économie nationale aux variations des cours internationaux et à la volatilité des flux de recettes publiques.
En nommant Clotaire Kondja, l’exécutif mise sur une expertise industrielle pour stabiliser le secteur et sécuriser ses recettes. Les arbitrages à venir, entre attractivité du cadre légal, développement des infrastructures et gouvernance sectorielle, détermineront les perspectives du portefeuille dans les mois à venir.