BP, le groupe pétrolier britannique, dévoilera mercredi une révision stratégique qui devrait marquer un tournant dans son engagement pour la transition énergétique. Après un bénéfice net en baisse de 97% en 2024, le géant pétrolier, dirigé par Murray Auchincloss, annonce vouloir se concentrer davantage sur ses activités historiques liées aux hydrocarbures, notamment le pétrole et le gaz, sources principales de ses profits. Cette révision survient dans un contexte de pression croissante de la part des investisseurs, dont le fonds activiste Bluebell, qui appelle à une révision drastique des objectifs climatiques jugés irréalistes.
Les spéculations autour de cette révision de stratégie ont alimenté les attentes du marché, qui anticipe un renoncement aux ambitions climatiques de BP, notamment après que le groupe ait déjà réajusté à la baisse ses objectifs de réduction de production d’hydrocarbures en 2023. BP vise désormais une diminution de 25% de sa production de pétrole et de gaz d’ici 2030, contre un objectif initial de -40%. Le groupe a également indiqué qu’il réduirait considérablement ses investissements dans les énergies renouvelables.
Les rumeurs de prise de participation par le fonds Elliott Management, connu pour ses demandes de restructuration stratégique, ont également fait monter la pression autour de BP, avec des spéculations sur une possible scission ou un transfert de la cotation de l’entreprise vers les États-Unis. Ce climat d’incertitude a déjà eu un impact sur l’évolution de son action, qui reste en retrait par rapport à ses concurrents directs.
La pression des investisseurs activistes
Le fonds d’investissement Bluebell, qui milite pour une réduction des ambitions écologiques de BP, a intensifié les appels à réévaluer les priorités de l’entreprise. Selon les analystes, cette pression des investisseurs pourrait pousser BP à réorienter ses ressources vers les énergies fossiles afin d’assurer des rendements financiers plus élevés à court terme. Ce retournement stratégique est perçu comme une réponse directe aux critiques concernant la rentabilité de ses investissements dans les énergies renouvelables.
Elliott Management, un autre acteur clé dans cette dynamique, a acquis une participation significative dans BP, renforçant ainsi l’attente d’un réajustement majeur de la stratégie de l’entreprise. Le fonds activiste est souvent associé à des interventions visant à améliorer les performances financières des sociétés, ce qui pourrait conduire à une refonte complète de la direction ou des priorités de BP.
Réduction des effectifs et nouveaux projets pétroliers
En parallèle de cette révision stratégique, BP a annoncé une réduction de ses effectifs internes, avec la suppression de 4.700 postes, soit plus de 5% de ses employés. Le groupe a également finalisé un accord avec le gouvernement irakien pour développer plusieurs champs pétroliers et gaziers dans la province de Kirkouk. Ces projets illustrent la volonté de BP de renforcer ses activités dans le secteur des hydrocarbures, à la fois en termes d’exploration et de production, tout en limitant les investissements dans des projets d’énergies bas carbone.
Bien que ce recentrage sur le secteur des énergies fossiles suscite des critiques, notamment de la part des ONG comme Greenpeace, certains observateurs estiment que BP suit une tendance plus large dans l’industrie pétrolière. D’autres géants comme Shell et TotalEnergies ont également réajusté leurs investissements dans les énergies renouvelables, tout en continuant de privilégier le pétrole et le gaz.