La République fédérale d’Allemagne a confirmé, par la voix de la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, qu’elle n’envisageait en aucun cas de relancer le gazoduc Nord Stream 2, suspendu depuis les explosions survenues en 2022. Lors d’une conférence de presse à Kiev avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Mme Baerbock a rappelé que ce projet avait représenté une erreur stratégique coûteuse pour son pays.
« La mauvaise décision concernant Nord Stream 2 nous a coûté cher en tant que société allemande », a déclaré la cheffe de la diplomatie, ajoutant que l’investissement de plusieurs milliards d’euros ne justifiait pas une réactivation. Elle a précisé que cette décision remontait à un choix du précédent gouvernement fédéral, avec l’accord du parti conservateur actuellement au pouvoir à Berlin.
Le gazoduc, un symbole de rupture énergétique
Conçu pour doubler la capacité d’acheminement du gaz russe vers l’Allemagne, Nord Stream 2, long de 1 200 kilomètres, n’a jamais été mis en service. Deux conduites de son prédécesseur Nord Stream 1 ont été détruites lors d’explosions en mer Baltique en septembre 2022. Une seule canalisation de Nord Stream 2 reste techniquement intacte, ce qui alimente depuis plusieurs mois les spéculations.
Un article publié par Financial Times début mars a évoqué l’hypothèse d’un redémarrage partiel du gazoduc dans le cadre d’un rapprochement potentiel entre le Kremlin et Donald Trump. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a confirmé l’existence de discussions entre Moscou et Washington, suggérant que la question énergétique européenne y figurait parmi les dossiers abordés.
Berlin ferme la porte malgré la pression économique
Interrogée sur ces échanges, Annalena Baerbock a tenu à distinguer les débats politiques internes de la position officielle de l’État. Elle a précisé que les voix allemandes favorables à un réexamen du projet ne faisaient pas partie des cercles décisionnels en matière stratégique et économique. « Ce ne sont pas des hommes politiques allemands de premier plan », a-t-elle déclaré.
L’économie allemande, confrontée à deux années consécutives de récession, reste sensible à la question des importations énergétiques. Toutefois, Mme Baerbock a réaffirmé que la sécurité énergétique ne pouvait être dissociée de la sécurité politique du continent européen. Cette déclaration, sa neuvième en Ukraine depuis le début du conflit en février 2022, souligne l’alignement stratégique de Berlin face aux tensions diplomatiques croissantes avec Moscou.