Le groupe indien Adani a annoncé son retrait d’un projet majeur de ferme éolienne de 442 millions de dollars (environ 424 millions d’euros) au Sri Lanka. Cette décision fait suite à la volonté du gouvernement sri-lankais de renégocier l’accord de vente d’électricité. Le Conseil d’investissement du Sri Lanka (BOI) a révélé avoir reçu une lettre de la filiale Adani Green Energy Limited, dans laquelle le groupe indique avoir décidé de « se retirer respectueusement » du projet.
Renégociation de l’accord d’achat d’électricité
Le projet de ferme éolienne, dont la capacité était estimée à 484 mégawatts, avait été approuvé par le gouvernement sri-lankais en février 2023. Cependant, la situation a changé après que le gouvernement actuel a annulé un précédent accord d’achat d’électricité avec Adani. Cette annulation a été motivée par une réévaluation des tarifs, avec l’objectif de négocier des prix plus compétitifs pour l’électricité produite par la future centrale. Le prix de l’électricité avait été fixé à 0,0826 dollar par kilowattheure, un tarif qui a suscité des critiques au sein du gouvernement en raison de son coût jugé trop élevé.
Les enjeux politiques et l’accusation de corruption
La décision du gouvernement sri-lankais survient dans un contexte politique tendu, marqué par les critiques du président Dissanayake sur les contrats précédemment signés sous le gouvernement précédent. En septembre dernier, ce dernier avait promis de lutter contre la corruption, ce qui a alimenté les appels à réévaluer des accords considérés comme favorisant des intérêts privés. Le projet Adani avait été pointé du doigt en raison de soupçons de corruption, notamment dans le cadre de l’enquête américaine sur le groupe Adani et son PDG, Gautam Adani, concernant des accusations de pots-de-vin dans le secteur de l’énergie solaire en Inde.
Une dépense de 5 millions de dollars par adani
Le groupe Adani a confirmé avoir déjà investi environ 5 millions de dollars dans des activités de pré-développement pour ce projet. Cela inclut des études préparatoires et la mise en place des premières infrastructures nécessaires à la construction de la ferme éolienne, prévue pour être installée sur la côte nord-ouest du pays. Malgré ce retrait, Adani a indiqué qu’il restait disponible pour d’éventuelles opportunités futures au Sri Lanka, soulignant sa volonté de collaborer avec le gouvernement pour d’autres projets dans la région.
Contextes juridiques et environnementaux
En plus des tensions politiques, le projet Adani faisait également face à des obstacles juridiques liés à des préoccupations environnementales. Il faisait l’objet d’une procédure devant la Cour suprême du Sri Lanka, où des questions concernant les impacts écologiques de la centrale éolienne étaient soulevées. Ces démarches ont retardé l’avancement du projet, contribuant à l’incertitude qui entourait son avenir. En outre, le gouvernement sri-lankais a ouvert une enquête sur les investissements réalisés par Adani dans le pays à la suite de l’inculpation pour corruption de son PDG.