Accord Chine / Iran: un Camouflet pour les Etats-Unis

L'accord sino-iranien d'investissement contre hydrocarbures, d'une valeur de 400 milliards de dollars, redéfinit la géopolitique du Moyen-Orient et consolide la position chinoise, tout en défiant les sanctions américaines. Un événement aux implications mondiales à surveiller de près.

Partager:

accord chine iran

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

AUTRES ACCES

Abonnement mensuel

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

COMPTE GRATUIT​

3 articles offerts par mois

GRATUIT

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 35 000 articles • +150 analyses/sem.

Un accord Chine / Iran d’investissement contre hydrocarbures vient d’être signé par les ministres respectifs des Affaires Étrangères. Le texte prévoirait ainsi 400 milliards US$ d’investissements chinois en Iran en échange d’hydrocarbures vendus au rabais par l’Iran. La Chine, plus grand partenaire commercial de l’Iran consolide ainsi sa position.

Et ce, en toute impunité face aux sanctions américaines contre le commerce avec l’Iran. En outre, cet accord fragilise la position des Américains au Moyen-Orient. Contraignant ainsi le pays à modifier sa stratégie anti-chinoise initialement concentrée dans la zone Pacifique.

Zoom sur un évènement qui pourrait redessiner la géopolitique du Moyen-Orient, voire du monde.

Un accord Chine / Iran d’investissement contre hydrocarbures

L’Iran et la Chine ont conclu le 27 mars un vaste pacte de coopération commerciale et sécuritaire. Le texte de l’accord signé par les ministres des Affaires étrangères des deux pays n’a pas été publié. Les experts affirment néanmoins qu’il est en grande partie inchangé par rapport à un projet divulgué l’an dernier par le NY Times. Également qu’il devrait s’établir pour au moins 25 ans.

La Chine aurait ainsi promis une aide technique et des investissements dans le secteur énergétique iranien. L’accord prévoirait plus généralement une coopération élargie dans les domaines des infrastructures, de la banque, des finances et des assurances. En tout, ce ne serait pas moins de 400 millards USD$ que la Chine dépenserait en Iran d’ici à 2045.

Contre accès prioritaire aux ressources pétro-gazières

En contrepartie, la Chine se verrait garantir un accès prioritaire aux ressources pétrolières et gazières du pays. Pékin pourra également bénéficier d’un rabais estimé à 12 % sur le prix des hydrocarbures. L’accord prévoirait enfin un approfondissement de la coopération militaire. Notamment dans la formation et les exercices conjoints, la recherche et le partage du renseignement.

pétrole iranien

Consolider l’alliance économique et énergétique Chine / Iran

Les deux pays sous sanctions américaines consacre une alliance qui s’est construite face à un adversaire commun. Pékin est en effet devenu le plus grand partenaire commercial de Téhéran, avec un commerce bilatéral totalisant 18 milliards USD$ en 2020. La Chine a ainsi pris la place des européens. Ces derniers ne commerçant plus avec l’Iran depuis le retour des sanctions américaines.

A contrario, la Chine a continué a exporté ses produits vers l’Iran et a maintenu un certain niveau d’importations de pétrole. Mieux encore, ces échanges se sont intensifiés, notamment depuis l’élection de Joe Biden à la présidence américaine.

La Chine importe ainsi 406.000 b/j en février, plus de 650.000 b/j en mars. La plupart indirectement, le pétrole transitant par Oman, les Émirats Arabes Unis ou la Malaisie. Des projections annoncent que la Chine devrait importer plus d’1 million b/j en avril.

Concrétiser le chantier gazier South Pars

Cette relation et cet accord Chine / Iran permet aussi au pays du golfe Persique d’avancer son chantier gazier South Pars. Celui-ci devant être livré cette année, en 2021.

Là encore, Pékin devance l’Europe, s’octroyant un accès privilégié à une ressource stratégique pour les deux puissances. L’Iran dispose en effet des secondes réserves mondiales de gaz et sa production augmente de mois en mois, atteignant 2,14 millions de b/j en février.

Faire front commun contre les sanctions Américaines

L’accord servira à contrer les mesures américaines tout en leur donnant du poids dans leurs négociations avec les États-Unis. Le ministre chinois des Affaires Étrangères a ainsi appelé les États-Unis à lever les sanctions contre l’Iran. Ainsi qu’à « supprimer son long bras de mesures juridictionnelles qui visaient la Chine, entre autres. » Son homologue iranien, M. Zarif, a décrit en retour la Chine comme un « ami pour des moments difficiles ».

Les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire en 2018 sous la Présidence de Donald Trump. Récemment, le Président américain nouvellement élu Joe Biden a cherché à relancer les pourparlers avec l’Iran concernant le JCPOA. Mais les discussions piétinent. Les États-Unis exigeant la fin de l’enrichissement d’uranium au-delà de ce qui est convenu dans le JCPOA, là où l’Iran demande d’abord la fin des sanctions.

 

 

chine iran

Il faudra attendre pour le soulèvement populaire en Iran

L’accord sino-iranien donne à voir à Joe Biden que Téhéran a des ressources pour faire face aux sanctions de son pays. Il montre aussi que le temps ne joue pas en faveur des Américains, lesquels espéraient que le désespoir économique ne pousse la population Iranienne à se soulever contre le régime islamique.

Cela n’a pas été le cas. Pire, l’Iran a même profité du temps laissé pour préparer sa riposte.

D’un autre côté, Joe Biden semble déterminé à poursuivre une position anti-chinoise dure. Là encore, l’accord de coopération montre aux États-Unis que la Chine a des moyens autres qu’économiques pour les déstabiliser. L’accord Chine / Iran fait ainsi entrer la confrontation sino-américaine dans une nouvelle dimension, celle du Moyen-Orient.

Objectif pour la Chine : s’implanter durablement au Moyen-Orient

Pour la Chine, l’accord avec l’Iran représente une porte d’entrée à la table des affaires d’une région contrôlant 20% du pétrole mondiale. Il s’inscrit dans la stratégie des « Nouvelles routes de la soie ». Permettant à Pékin de concurrencer Washington dans la région. C’est d’autant plus le cas que les États-Unis y réduisent leur présence militaire en dépit de leur partenariat stratégique avec les États arabes du golfe.

De plus, contrairement à la projection de puissance militaire américaine et russe dans la région, la Chine tire un profit économique de son influence douce. En effet, la Chine gagnera de l’accord de coopération au moins autant que ce qu’elle dépense en investissements en Iran.

Premièrement, la Chine obtiendra des rabais sur le pétrole Iranien. Deuxièmement, elle pourra mettre en place une stratégie de peur. En ce sens que les rabais devront s’étendre aux autres pays du golfe si ceux-ci souhaitent anticiper et freiner une coopération Chine / Iran qui pourrait s’accomplir dans une autre dimension, c’est-à-dire sur un plan militaire.

Téhéran en position de faiblesse ?

Une dernière question à se poser est de savoir si l’accord servira réellement les intérêts iraniens. La signature de Téhéran est en effet essentiellement motivée par la pression économique exercée par les États-Unis, aggravée par la Covid-19. Pour les Iraniens, il s’agit donc d’une aide économique critique et à long terme qui arrive à une période particulièrement difficile.

Nombreux sont donc ceux qui estiment que la relation irano-chinoise au sein de l’accord de coopération est déséquilibrée. L’an dernier, des Iraniens ont protesté quand des rumeurs ont affirmé que la Chine s’approprierait des territoires entiers de l’Iran. Les manifestants avaient exhorté le président Rohani à ne pas « vendre leur pays  » à la Chine.

Les Émirats arabes unis lancent un plan énergétique de 1 milliard $ au Yémen

Global South Utilities investit 1 milliard $ dans de nouveaux projets solaires, éoliens et de stockage pour renforcer les capacités énergétiques du Yémen et étendre son influence dans la région.

Le Royaume-Uni et FirstRand mobilisent $150mn pour accélérer la transition énergétique africaine

British International Investment et FirstRand s’allient pour financer la décarbonation des entreprises africaines, à travers une facilité ciblée sur le soutien aux secteurs les plus émetteurs de carbone.

La Hongrie s’engage à soutenir la Serbie après l’arrêt des livraisons de pétrole

Budapest se mobilise pour assurer l’approvisionnement pétrolier serbe, menacé par la suspension des flux via la Croatie après les sanctions américaines contre la raffinerie NIS, détenue majoritairement par la Russie.
en_114026261130540

La Russie intensifie son rapprochement énergétique avec la Chine malgré les sanctions

Moscou affirme vouloir accroître ses exportations de pétrole et de gaz naturel liquéfié vers Pékin, tout en consolidant la coopération bilatérale dans un contexte de restrictions américaines visant les producteurs russes.

La BEI engage 2 Mds€ pour renforcer l’influence énergétique de l’UE en Afrique

La Banque européenne d’investissement mobilise 2 Mds€ de financements garantis par la Commission européenne pour des projets énergétiques en Afrique, avec un objectif stratégique inscrit dans la diplomatie énergétique de l’Union européenne.

Les recettes pétro-gazières russes chutent de 35 %, lestées par les sanctions

La Russie subit une baisse structurelle de ses revenus énergétiques alors que les sanctions renforcées contre Rosneft et Lukoil fragilisent les flux commerciaux et aggravent le déficit budgétaire fédéral.
en_11402411134540

Les États-Unis frappent la logistique pétrolière iranienne et exposent les acteurs asiatiques

Washington impose de nouvelles sanctions ciblant navires, armateurs et intermédiaires en Asie, rendant plus risqué le commerce de pétrole iranien et redéfinissant le périmètre de conformité maritime dans la région.

Washington autorise les flux vers Paks II et insère des intérêts américains dans le nucléaire hongrois

La licence OFAC sur Paks II permet de contourner les sanctions contre Rosatom en échange d’un ancrage technologique américain, reconfigurant l’équilibre d’intérêts entre Moscou, Budapest et Washington.

Les petits États de l’UE renforcent leur influence énergétique en Afrique via Global Gateway

Finlande, Estonie, Hongrie et Tchéquie multiplient les initiatives bilatérales en Afrique pour capter des projets énergétiques et miniers stratégiques dans le cadre du programme européen Global Gateway.
en_1140221143540

Lula défend une sortie des fossiles sans contrainte face aux tensions à la COP30

Le président brésilien plaide pour une transition énergétique volontaire et sans échéance fixe, tout en évitant d’affronter les intérêts des pays producteurs lors des discussions de la COP30 à Belém.

L’Afrique subsaharienne capte 2,3 % des investissements mondiaux en renouvelable en 2024

La région n’a attiré qu’une faible part des capitaux mondiaux dédiés aux énergies renouvelables en 2024, malgré des besoins élevés et des objectifs de développement importants, selon un rapport publié en novembre.

Washington renforce son accord nucléaire avec Séoul et ouvre l’accès à l’enrichissement

Les États-Unis approuvent le développement par la Corée du Sud de capacités civiles d’enrichissement de l’uranium et soutiennent un projet de sous-marins nucléaires, élargissant un partenariat stratégique déjà lié à un accord commercial majeur.
en_1140151126540

Les ministres des Finances de l’UE valident le prêt de réparation adossé aux actifs russes gelés

Les Vingt-Sept s’accordent pour privilégier le mécanisme de prêt basé sur les avoirs russes immobilisés afin de financer l’aide à l’Ukraine, réduisant l’impact budgétaire national tout en garantissant une capacité de financement renforcée.

Le Canada valide une seconde série de projets énergétiques pour 56 milliards $

Le gouvernement canadien engage une nouvelle série de projets évalués à 56 milliards $ pour développer ses corridors énergétiques, accélérer l'exploitation des minéraux critiques et renforcer son infrastructure stratégique.

L’Allemagne accorde 24,3 millions $ au Nigeria pour accélérer sa transition énergétique

Berlin renforce sa coopération avec Abuja à travers un financement destiné à soutenir la diversification énergétique du Nigeria et à consolider ses infrastructures dans les énergies renouvelables.
en_1140101142540

La COP30 s’ouvre dans les tensions alors que les négociations échouent sur l’agenda initial

La COP30 débute à Belém dans un climat d’incertitude, les pays n’étant pas parvenus à s’entendre sur les sujets à inscrire à l’ordre du jour, signe de profondes divisions sur le financement climatique et la transition énergétique mondiale.

Washington verrouille l’offre de tungstène kazakh et cadre son pari C5+1

Les États-Unis sécurisent une coentreprise au Kazakhstan et des protocoles en Ouzbékistan, avec financement envisagé par l’Export-Import Bank of the United States et un acheminement structuré via le corridor transcaspien.

Trump accorde à Orban une exemption pétrolière contre un accord sur le gaz américain

Les États-Unis offrent à la Hongrie une dérogation d’un an sur les sanctions visant le pétrole russe, en échange d’un engagement d’achat de gaz naturel liquéfié américain estimé à 600 M$.
en_1140991145540

Le G7 lance plus de 20 projets pour contrer l’influence chinoise sur les minéraux

Réunis au Canada, les ministres de l’Énergie du G7 ont dévoilé une série de projets destinés à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, en réponse aux restrictions imposées par la Chine sur les terres rares.

Trump réduit à 10% les droits de douane américains sur le fentanyl chinois

Donald Trump annonce une baisse immédiate des tarifs douaniers sur les importations chinoises liées au fentanyl, passant de 20% à 10%, avec un impact potentiel sur les flux énergétiques entre Washington et Pékin.

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

Abonnement mensuel​

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 30 000 articles • +150 analyses/sem.