Le président serbe Aleksandar Vucic a exprimé son espoir d’un règlement rapide entre la Fédération de Russie et la Hongrie au sujet de la compagnie pétrolière Naftna Industrija Srbije (NIS), confrontée à des sanctions des autorités américaines. L’enjeu principal concerne la cession de 56 % des parts de l’entreprise, actuellement détenues par deux filiales du géant russe Gazprom, à l’entreprise pétrolière et gazière hongroise MOL Magyar Olaj- és Gázipari Nyrt.
Une pression croissante avant l’échéance du 23 janvier
Les États-Unis ont accordé un sursis de trois semaines à NIS, autorisant temporairement la reprise de ses activités jusqu’au 23 janvier. Cette décision fait suite à l’imposition de sanctions américaines contre l’entreprise le 9 octobre, dans le cadre de mesures plus larges visant le secteur énergétique russe. Depuis cette date, NIS a cessé d’importer du pétrole brut, entraînant l’arrêt de sa raffinerie de Pancevo début décembre.
La raffinerie de Pancevo représente un actif stratégique pour la Serbie, assurant environ 80 % de l’approvisionnement en produits pétroliers sur le marché local. Selon Aleksandar Vucic, les importations devraient reprendre à partir du 5 janvier, avec une remise en fonctionnement à pleine capacité attendue vers le 17 janvier.
Un précédent stratégique entre Moscou et Belgrade
La compagnie NIS avait été privatisée en 2008, lorsque la République de Serbie avait cédé une participation majoritaire à Gazprom pour 400 millions d’euros. Depuis cette acquisition, plusieurs milliards d’euros ont été investis, principalement dans la modernisation de l’unique raffinerie du pays.
Malgré les relations étroites entre Belgrade et Moscou, notamment sur le plan énergétique, le Kremlin n’aurait pas manifesté d’intérêt à revendre ses actions à la Serbie, selon les déclarations récentes du président serbe. Ce dernier a toutefois affirmé que l’État serbe interviendrait si aucun accord n’était trouvé avant le 15 janvier.
Une direction renouvelée pour accélérer les négociations
Dans cette optique, une nouvelle direction a été mise en place au sein de NIS, accompagnée de la transmission d’une offre formelle d’achat adressée à Moscou. L’objectif affiché de Belgrade est d’assurer la continuité des opérations de raffinage et de sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays.
« J’espère que les Russes et les Hongrois finiront d’ici là leur travail », a déclaré Aleksandar Vucic, exprimant sa volonté de voir aboutir l’accord de cession d’ici la date limite imposée par Washington.