La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé le 28 août leur intention de notifier au Conseil de sécurité des Nations Unies le non-respect par l’Iran du Plan d’action global commun (Joint Comprehensive Plan of Action – JCPoA), réactivant ainsi le mécanisme de sanctions connu sous le nom de « snapback ». Cette procédure ouvre une période de 30 jours avant la possible réintroduction de certaines sanctions de l’ONU, ce qui pourrait restreindre les capacités d’exportation de brut de la République islamique.
Pression accrue sur les exportations iraniennes
Les autorités iraniennes ont averti qu’elles réagiraient si leurs ventes de pétrole étaient ciblées. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré à ses homologues européens que Téhéran répondrait « de manière appropriée » à ce qu’il qualifie d’ »action illégale et injustifiée ». Un haut responsable iranien, cité par l’agence étudiante ISNA, a indiqué que le retrait de l’Iran du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) est à l’étude.
Dans un précédent avertissement, un député influent membre du Conseil de sécurité nationale du Parlement iranien avait affirmé que si l’Iran ne pouvait pas exporter son pétrole, « les autres non plus », évoquant de possibles mesures de rétorsion contre les exportations régionales. Ces déclarations s’inscrivent dans un climat de tensions croissantes, alors que le commerce pétrolier iranien reste largement dépendant des clients asiatiques, notamment chinois.
Une production qui résiste aux sanctions
Malgré les sanctions américaines ciblant récemment plusieurs entreprises liées au transport maritime iranien, notamment un courtier grec et des opérateurs en Chine, l’Iran a continué à exporter du brut à des niveaux proches de ceux d’avant les restrictions. Les données de S&P Global Commodities at Sea montrent que les exportations sont passées de 400 000 barils par jour en 2020 à 1,7 million au deuxième trimestre de 2025.
La production nationale reste stable. L’enquête OPEP+ menée par S&P Global Commodity Insights indique une production de 3,24 millions de barils par jour en juillet, contre 3,15 millions sur la même période en 2024. Selon le directeur général de National Iranian Oil Co., Hamid Bovard, la production a atteint en août son plus haut niveau depuis sept ans et demi, grâce aux apports de South Oil Fields Co., West Karun et Arvandan Oil and Gas Co.
Un calendrier diplomatique contraint
L’offre faite en juillet 2025 par les trois pays européens proposait une prolongation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, assortie de conditions : relance des négociations, accès renforcé de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) aux sites sensibles et réduction des stocks d’uranium enrichi. Les gouvernements européens estiment que l’Iran n’a respecté aucune de ces obligations.
Washington, qui s’était retiré unilatéralement du JCPoA en 2018, a salué l’initiative européenne. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que les États-Unis travailleraient en coordination avec les membres du Conseil de sécurité pour mener à terme le processus de snapback, tout en affirmant leur disponibilité pour des échanges diplomatiques directs avec Téhéran.