Les contrats d’achat à long terme d’hydrogène, connus sous le nom d’« offtake agreements », constituent un levier central pour le développement du secteur. Ces accords permettent aux producteurs de sécuriser leurs investissements dans des infrastructures coûteuses, tout en assurant aux acheteurs un approvisionnement stable. L’Allemagne et le Japon apparaissent aujourd’hui comme des marchés pionniers dans cette dynamique, avec une concentration croissante d’initiatives industrielles.
L’Allemagne structure ses besoins industriels
L’Allemagne a vu se multiplier les accords liant producteurs et grands industriels. Ces contrats s’inscrivent dans une logique de soutien aux besoins énergétiques d’acteurs stratégiques tels que la chimie, la sidérurgie ou les transports lourds. Plusieurs entreprises allemandes ont déjà officialisé des engagements pluriannuels avec des producteurs européens, créant un signal fort pour la bancabilité des projets. Les volumes annoncés couvrent des millions de tonnes d’hydrogène d’ici la fin de la décennie, renforçant la crédibilité du marché domestique.
Le Japon anticipe une demande massive
De son côté, le Japon se positionne comme importateur de premier plan, avec une stratégie tournée vers la sécurisation des flux internationaux. Des sociétés japonaises ont signé des contrats d’approvisionnement à long terme, incluant des projets localisés en Australie et au Moyen-Orient. Le pays mobilise ses conglomérats industriels pour verrouiller des volumes substantiels, dépassant plusieurs centaines de milliers de tonnes annuelles. Cette approche vise à anticiper une consommation croissante dans les secteurs du transport maritime, de la production électrique et de l’industrie lourde.
Une compétition internationale déjà marquée
La multiplication des contrats d’achat souligne l’émergence d’une compétition internationale. L’Europe, par l’intermédiaire de l’Allemagne, veut affirmer sa capacité à bâtir un marché intégré, tandis que le Japon privilégie une sécurisation externe des volumes. Cette divergence de stratégies met en lumière les incertitudes liées à la disponibilité mondiale d’hydrogène bas carbone, mais confirme aussi l’intérêt grandissant des investisseurs et des institutions financières. Pour les producteurs, la conclusion de tels contrats reste une condition indispensable à la réalisation des projets.