Commonwealth Fusion Systems a annoncé une levée de fonds de $863mn dans le cadre d’un tour de financement de série B2, représentant l’opération la plus importante réalisée dans les secteurs deep tech et énergie depuis 2021. Ce nouveau financement porte à près de $3bn le total des capitaux levés par l’entreprise, soit environ un tiers de l’ensemble des investissements réalisés à ce jour dans les sociétés privées de fusion nucléaire dans le monde.
Les fonds seront utilisés pour achever la construction de SPARC, la machine de démonstration de fusion développée par la société, et poursuivre l’ingénierie de la centrale commerciale ARC, située dans le comté de Chesterfield, en Virginie. Le projet vise une mise en service au début de la prochaine décennie. Commonwealth Fusion Systems prévoit d’utiliser des aimants supraconducteurs à haute température pour obtenir un confinement efficace du plasma, technologie considérée comme essentielle pour atteindre un rendement énergétique positif.
Des investisseurs stratégiques issus de plusieurs continents
Le tour de table a attiré de nouveaux investisseurs institutionnels, industriels et individuels provenant d’Amérique du Nord, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Europe. Un consortium de douze entreprises japonaises dirigé par Mitsui & Co. et Mitsubishi Corporation a rejoint l’opération. Il comprenait notamment JERA Co., Inc., NTT, Sumitomo Mitsui Banking Corporation, Kansai Electric Power Co., Inc., ainsi que la banque publique Development Bank of Japan.
Des acteurs financiers de premier plan comme Counterpoint Global (Morgan Stanley), Google, Galaxy Interactive, Neva SGR (Intesa Sanpaolo Bank) ou encore Woori Venture Partners US ont également intégré le capital de la société. En parallèle, plusieurs investisseurs historiques ont augmenté leur participation, parmi lesquels Breakthrough Energy Ventures, Eni, Emerson Collective, Khosla Ventures et Safar Partners.
Une stratégie industrielle appuyée par des alliances énergétiques
En parallèle de cette levée, Commonwealth Fusion Systems renforce sa coopération avec des acteurs énergétiques établis. Google, déjà investisseur, a signé un accord pour acheter 50 % de l’électricité produite par la future centrale ARC. Dominion Energy participe également au projet à travers un partenariat stratégique, soutenant l’intégration de la centrale au réseau électrique.
La société affirme que SPARC représente une étape critique vers la production d’énergie par fusion à l’échelle industrielle. La technologie repose sur l’utilisation de champs magnétiques puissants pour maintenir la réaction de fusion, reproduisant les conditions nécessaires à la production d’énergie dans des volumes commercialement viables.
Une croissance soutenue par l’électrification et la demande des centres de données
La croissance rapide des besoins en électricité liés à l’essor de l’intelligence artificielle, à l’automatisation industrielle et à la numérisation des infrastructures pousse les investisseurs à explorer de nouvelles sources d’énergie fiables et durables. Commonwealth Fusion Systems capitalise sur cette dynamique pour sécuriser sa position de leader dans un secteur encore émergent.
Le projet ARC vise à connecter une centrale à fusion au réseau électrique dans les années 2030. Si cet objectif est atteint, il constituerait une première mondiale dans le domaine de la fusion commerciale, un domaine qui attire désormais l’attention des grandes institutions financières et industrielles.