L’Union européenne sanctionne l’importation de charbon russe

 

Le Conseil européen a décidé d’adopter un cinquième paquet de sanctions contre la Russie comprenant l’interdiction d’importation de charbon, a annoncé la Commission européenne le 8 avril.

 

L’UE sanctionne le charbon russe

 

L’embargo sur le charbon russe sous toutes ses formes, à savoir le charbon métallurgique et thermique, est un des six éléments concernés par ce nouveau train de mesures. Cette disposition touche le quart des exportations russes de charbon représentant une perte de revenus d’environ 8 milliards d’euros (8.7 milliards de dollars) par an pour la Russie, indique la Commission.

 

Selon les données d’Eurostat, les importations de charbon de l’UE ont atteint une valeur de 5.2 milliards d’euros en 2021 représentant 50 millions de tonnes. Le charbon thermique, utilisé pour la production de courant et de chaleur, domine les échanges avec une valeur de 4.4 milliards d’euros. Il est suivi de l’anthracite avec 471 millions d’euros et du charbon à coke avec 329 millions d’euros.

 

Trouver d’autres sources d’approvisionnements

 

Le charbon russe est de bonne qualité. « Trouver des approvisionnements alternatifs sera difficile, mais pas impossible, car le marché mondial du charbon est bien approvisionné et diversifié, » indique Brian Ricketts, secrétaire général d’Euracoal, à S&P Global Commodity Insights.

 

Ce dernier présente deux scénarios. Le premier propose de substituer les importations actuelles de charbon, nécessitant 50 millions de tonnes de charbon supplémentaires. Le second vise à produire plus de 120 TWh à partir de centrales à charbon afin de remplacer 22 milliards de mètres cubes de gaz russe, comme le suggère l’AIE, exigeant un supplément de 100 millions de tonnes de charbon.

 

Euracoal a proposé d’importer 25 millions de tonnes de charbon en provenance des États-Unis dans les deux scénarios, alors que 13 millions de tonnes devraient venir d’Australie dans le premier et 28 millions dans le second. De plus, du charbon supplémentaire devrait provenir d’autres pays comme l’Indonésie, la Colombie et l’Afrique du Sud représentant ensemble 11 millions de tonnes dans le premier scénario et 45 millions de tonnes dans le second.

 

Toutefois, selon B. Ricketts : « les flux mondiaux de charbon vont changer avec l’allongement des distances. L’Inde et d’autres pays auront du mal à payer des prix plus élevés, nous voyons déjà des villes côtières à l’arrêt en Inde et Safi au Maroc incapable de se procurer du charbon. »

 

Le charbon également dans le viseur d’autres pays

 

L’UE n’est pas la seule à imposer une interdiction d’importation du charbon russe, les pays du G7 ont déclaré le 6 avril vouloir « éliminer progressivement et interdire les importations de charbon russe. » Le Royaume-Uni et le Japon, tous deux membres du G7, ont depuis exprimé leur volonté de réduire leurs importations de charbon russe.

 

Alors que le charbon devient la cible de sanctions à travers le monde, B. Ricketts nous rappelle : « qu’il n’y aura pas de bons résultats ici et nous serons tous plus pauvres. »

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